jeudi 20 décembre 2012

Fin du monde interdite en Loire-Atlantique

La fin du monde, version maya, ne leur fait pas peur. Des scientifiques nantais conjurent aisément la malédiction.
Olivier Sauzereau, Docteur en histoire des sciences, est serein. Ce vendredi 21 décembre, il assistera à ce qui doit être « au moins la cinquième fin du monde de sa vie ». Autant dire que les prophéties d’apocalypse, soi-disant inspirées du calendrier maya, le font doucement rire.

De tout temps, des oracles ont prédit mille calamités. Curieusement, les progrès de la science n’endiguent guère les fantasmes. « L’exemple le plus flagrant concerne le passage de la comète de Biela, en 1832, indique Olivier Sauzereau. À l’époque, des astronomes ont parfaitement calculé le retour de cet astre, précisant même qu’il couperait la trajectoire de la Terre. Il ne s’en est pas fallu davantage pour que des personnes redoutent une collision fatale et qu’un mouvement de panique se propage. Alors que la Terre et la comète se trouvaient distantes d’un peu plus de 100 millions de km. »

Bis repetita en 1997 avec la comète Hale-Bopp. Cette fois, la beauté du spectacle céleste est éclipsée par un drame : en Californie, 39 membres de la secte « Heaven’s gate » se suicident. Convaincus de l’imminence d’un péril et persuadés que la mort constitue le seul moyen d’évacuer la terre à bord d’un vaisseau spatial piloté par des extraterrestres. Triste et vrai.

La pseudo malédiction maya se conjure aisément. Il n’empêche. « Lorsque j’interviens dans les écoles, indique Olivier Sauzereau, je vois des enfants inquiets qui viennent me demander discrètement, à la fin de mes exposés, si c’est vrai que la fin du monde arrive. De telles rumeurs peuvent être fortement anxiogènes. »

L’apocalypse, promet Olivier Sauzereau, n’est pas pour demain. Reportée aux calendes grecques. Mais, à la vérité, « la fin du monde est imparable. Les spécialistes estiment en effet que la fin du soleil pourrait survenir dans cinq milliards d’années. D’ici là, on a le temps de réfléchir à des solutions. »

Les experts du Planétarium, à Nantes, sont également formels: l’observation du ciel permet d’affirmer qu’il n’y « pas l’once du début du commencement de la fin du monde à l’horizon ». La soi-disant malédiction maya? « C’est un cycle du calendrier, appelé « soleil », qui prend fin ce 21 décembre, note Véronique Dubois, responsable du Planétarium. C’est exactement comme si c’était la fin d’un millénaire, ni plus ni moins. »

 Loin de ce raisonnement cartésien, les habitants du village de Bugarach (Aude), dans le sud de la France, attendent impatiemment que passe le 21 décembre. La commune, qui compte 200 âmes, attire depuis des mois de nombreux curieux. Elle est au centre de folles rumeurs qui font de son pic rocheux un "refuge" face à la fin des temps, pronostiquée ce 21 décembre. Ces superstitions ont entraîné une forte hausse des prix de l’immobilier et des pratiques commerciales douteuses. Plus d’une cinquantaine de gendarmes est mobilisée depuis mercredi autour de Bugarach pour prévenir tout afflux de population.

Les croyances liées à la fin du monde et leur influence sur les personnalités constituent le sujet d’une thèse de doctorat soutenu par une étudiant à l’UFR de psychologie de l’université de Nantes. Le travail est fondé sur une enquête auprès de 500 personnes avant et après le 21 décembre 2012.

Dossier complet dans Presse Océan ce jeudi.

Source : Presse Océan, jeudi 20 décembre 2012
http://www.presseocean.fr/actualite/societe-la-fin-du-monde-interdite-en-loire-atlantique-20-12-2012-54236