mardi 9 avril 2013

La faculté de médecine fait marche arrière

Prudent, la direction a tranché. Hier, elle a préféré annuler une conférence sur l’enfance, qui suscitait la controverse.

La polémique

Hier soir, la conférence organisée par l’association Arsinoé devait porter sur « Les symptômes de l’enfant victime d’agressions sexuelles ». Un thème délicat pour une intervention payante, qui s’adressait prioritairement aux professionnels de l’enfance. Avec pour lieu, la faculté de médecine d’Angers.
   Mais face aux questionnements et aux plaintes de plusieurs personnes sur la nature et les organisateurs de cette conférence, la doyenne, Isabelle Richard, a décidé de faire machine arrière. Elle a purement et simplement décidé, samedi dernier, d’annuler la réunion. « Nous ne souhaitons pas alimenter la polémique. Jeter de l’huile sur le feu », a souligné, hier, la doyenne.

« Ne pas se faire instrumentaliser »

Car l’annonce de cette conférence n’a pas tardé à faire réagir. Lionel Gauguin, président du Cippad (Centre d’information et de prévention sur les psychothérapies abusives et déviantes) a dénoncé un genre, qui, selon lui, met en valeur des pratiques « proches de la mouvance ésotérique, notamment celle du rebirth, qui peut donner lieu à de faux souvenirs induits chez les patients, pouvant entrainer des fausses déclarations d’abus sexuels. A la tête de l’association Arsinoé, on trouve des personnes qui prônent ce style de techniques, interdites aux USA par exemple. L’association a d’ailleurs été pointée du doigt par un rapport parlementaire, tout comme la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. »
   Pour leur part, les organisateurs de l’association Arsinoé évoquent « une manoeuvre de groupes de pression anti-sectes. Compte-tenu de leur acharnement, nous avons seulement décidé de changer de lieu pour la conférence ».
   Un rétropédalage donc, de la part de la faculté de médecine, qui, après les soupçons d’ésotérisme à l’université, en octobre dernier, justifie sa décision : « nous avons rencontré l’association Arsinoé en juin dernier. Une convention a d’ailleurs été signée en octobre. Mais nous avons pris conscience d’une chose : nous ne voulons absolument pas nous faire à nouveau instrumentaliser par des personnes extérieures à la faculté. »

Benoît ROBERT.

Source : Ouest-France, page Maine-et-Loire, mardi 9 avril 2013

Association Arsinoé à la faculté : rectificatif
Lundi soir, la faculté de médecine d’Angers a décidé d’annuler une conférence organisée dans son enceinte par l’association Arsinoé.
Contrairement à ce qui était indiqué dans nos colonnes (lire Ouest-France du mardi 9 avril), cette association a été dénoncée par un rapport parlementaire, et non par la mission interministérielle de vigilance contre les dérives sectaires. 

Source : Ouest-France, Maine et Loire, mercredi 10 avril 2013

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