dimanche 13 janvier 2013

Sa nouvelle vie à Angers

Relaxée par la justice des accusations de recel et abus de confiance, Marie-Pierre vient en aide au nécessiteux.

Marie-Pierre Lorre, une Angevine de 46 ans, avait fait parler d’elle en rassemblant une fois par mois des centaines de catholiques dans un hangar de Vallet, lors de « Cénacles des Messagers de l’amour » où se déroulaient des scènes « d’extase » relayant la parole de la Vierge Marie.

« Voilà à quoi set l’argent soi-disant détourné », ironise Marie-Pierre Lorre

La justice lui reprochait d’avoir détourné de l’association « Ouvre ton coeur », qui organisait les prières, plusieurs dizaines de milliers d’euros pour financer l’extension de sa maison. « Les faits n’étant pas suffisamment caractérisés », selon le tribunal correctionnel de Nantes, la messagère divine avait finalement été relaxée le 5 juillet dernier.
Désormais, Marie-Pierre vient en aide aux nécessiteux à Angers. Rosalys, son association créée il y a un an, organise trois maraudes par semaine et distribue à manger aux sans abri. « Voilà à quoi sert l’argent soi-disant détourné, ironise-t-elle. Aujourd’hui, ma foi et mon église se trouve dans la rue parmi les pauvres ». La structure fonctionne sur fonds propres et n’a demandé aucune subvention. Rosalys s’adressant à un public fragile psychologiquement, les craintes de dérives sectaires sont réapparues. « Les gens de l’extérieur se permettent de juger mais ceux qui vivent dans la rue ne se plaignent pas de l’association », soutient Stéphane Pasquier, membre du collectif d’aide aux sans papiers.

« On ne parle pas de religion »

Maire-Pierre, elle défend de tout prosélytisme. « On ne parle pas de religion ici, assure-t-elle. Quelle que soit la confession de ceux qu’on aide, ce qui compte c’est qu’ils aient à manger ». Si la messagère dit avoir tourné la page de son passé judiciaire, elle regrette tout de même de ne pouvoir accomplir sa tâche sereinement. « Toutes les religions ont le droit de s’exprimer, lance-t-elle. Nous on distribue la soupe et on se fait lyncher ». Marie-Pierre l’assure, les prières collectives appartiennent au passé. « J’ai arrêté pour deux raisons, précise-t-elle. Les normes de sécurité du hangar de Vallet n’étaient pas respectée et surtout, je respecte le désir de l’évêque ». Dès l’automne 2006, deux enquêtes conclu à l’absence de « caractère surnaturel » lors des réunions de Marie-Pierre.

Source : Presse-Océan, dimanche 13 janvier 2013