vendredi 5 avril 2013

Y a t-il eu agression sexuelle à l’hôpital ?





















Lors de la pratique d’une technique dite de médecine douce post-opératoire au centre hospitalier du Haut-Anjou, un médecin aurait abusé d’une patiente. La direction l’a signalé au procureur de Laval et à l’ordre des médecins. C’est la deuxième fois que le praticien est montré du doigt. Une instruction est en cours.
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Un médecin à l’hôpital de Château-Gontier pointé du doigt
Il aurait violenté une patiente

Deux affaires en sept mois, et peut-être d’autres faits passés sous silence. Au centre hospitalier du Haut-Anjou à Château-Gontier, un médecin a été suspendu de ses fonctions. Il aurait commis de violences sexuelles sur des patientes.
La semaine dernière un médecin aurait abusé d’une patiente vulnérable au sein du centre hospitalier
du Haut-Anjou.
D’après une source qui a dévoilé ses agissements, le médecin en question aurait « agressé sexuellement des patientes, et même du personnel depuis des années ». La semaine dernière, il serait à nouveau passé à l’acte en abusant d’une patiente.
Le président du conseil de l’ordre des médecins en Mayenne, François Dima docteur à Château-Gontier, n’entend pas trop communiquer pour le moment : « ce n’est pas souhaitable. Nous sommes en amorce d’instruction. Aucune décision n’a encore été prise. Au préalable, nous avons besoin d’un minimum de confirmation. Il est vrai, cependant, que nous avons été saisis par la direction de l’hôpital au même titre que le procureur de la République. Des enquêtes administratives sont en cours. S’il s’avère que le médecin en question n’a pas respecté l’éthique déontologique, il sera poursuivi. L’ordre des médecins n’a pas à protéger un médecin au détriment d’un patient. Je rencontrerai prochainement la personne qui a fait une réclamation ».

Suspendu

A la direction du centre hospitalier, Philippe Guinard indique que : « l’année dernière, déjà, j’ai reçu une  réclamation d’une patiente à l’encontre de ce médecin. N’ayant pas de compétence, et étant fortement dans l’interrogation, j’avais fait un signalement au procureur de la République, lequel à clos le dossier parce qu’il n’aurait pas pu qualifier cette réclamation, et ce, d’autant que la patient n’aurait pas donné suite ». La direction avait pris en septembre 2012 « des mesures visant à l’arrêt d’une pratique » dite de médecine douce au sein de l’établissement, qui était une « partie infime de l’activité globale de ce médecin ». Car c’est bien au cours de ce type d’actes visant à la prise en charge de la douleur, que ce serait effectuée la première agression (la patiente à l’automne aura finalement porté plainte mais sans suite) comme la seconde d’ailleurs : « à notre insu, ce médecin a continué cette activité, lâche Philippe Guinard. J’ai entendu la réclamation d’une autre patiente la semaine dernière. Le praticien aurait désobéi, ce qu’établirait cette réclamation. J’ai en tout cas décelé chez cette patiente une souffrance psychique manifeste suite à une prise en charge qui paraît anormale. La patiente m’a dit que cela lui avait porté atteinte à sa pudeur, à sa personne. Ce sont ses mots. Par mesure conservatoire pour le bien de tous, le praticien, l’établissement, les patients, nous avons suspendu de ses activités ce médecin le 29 mars ».

Des experts mandatés

Des experts de l’inspection de l’Agence régionale de santé ont été dépêchés sur place, mercredi, à l’hôpital. « Nous ne compromettrons pas les recherches des autorités » précise la direction du CHHA. L’ordre des médecins et le procureur de la République à Laval ont à nouveau été saisis de cette affaire. D’après la source d’information, des personnels de l’établissement hospitalier auraient subi les débordements de ce médecin. Philippe Guinard dit « n’en avoir jamais eu écho. Mais peut-être que d’autres personnes s’exprimeront. Si cela s’est réellement passé, je peux comprendre qu’elles le fassent ».
Contacté, le procureur n’a pas donné suite.

Philippe Simon
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