mardi 2 juillet 2013

Gourou poursuivi pour viol : procès reporté

La cour d’assises renvoie le jugement à début 2014. De nouvelles expertises psy ont été ordonnées hier.

« C’est dommage, en particulier pour la victime », commente l’air contrit, l’avocat de la partie civile Yvon Chotard tandis que la salle d’audience se vide de ses occupants, déconcertés. Hier, le procès à huis clos de Gabriel Loison et de Julie Baschet poursuivis pour viols, complicité de viols et abus de faiblesse sur une mineure et une adulte a été reporté à début 2014. La cour d’assise de Loire-Atlantique a ordonné deux contre-expertises psychiatriques du gourou de 73 ans et de son ex-compagne, de 39 ans. L’avocat de cette dernière, Olivier Morice, entend démontrer que celle que l’on considère comme le bras droit de Gabriel Loison était d’abord sa victime. «Elle était sous son emprise mentale, dans un assujettissement psychologique et physique. Pouvait-elle résister ? Non. Quelqu’un d’endoctriné n’a plus de recul. Avec le temps, elle a pris conscience de cette emprise et de ses conséquences », insiste Me Morice qui veut faire de ce procès « celui de l’emprise mentale ». Un autre élément motive le renvoi de l’affaire : des témoins de dernière minute qui n’auraient pas pu témoigner dans les cinq jours d’audience impartis.
            L’ex-braqueur Gabriel Loison, également ex-gourou des Jardins de la vie, épinglés par une commission parlementaire sur les sectes, avait fondé, en 1996, « L ‘Université de la nature et de la relation ». L’habitant de Saint-Brévin-les-Pins, qui se disait psychologue, thérapeute et anthropologue, proposait des colloques moyennant de coquettes sommes, avec des « des rites d’initiation sexuelle », précise Me Morice. Un couple de Nazairiens y assistait avec leur fille. L’adolescente, 13 ans, était retournée à l’étranger suivre ces « stages ». C’est au cours d’une cérémonie qu’elle aurait été violée par Gabriel Loison et Julie Baschet, en 2010. Interpellé au retour d’un séjour à l ‘étranger, le couple a été mis en examen et incarcéré. Un an plus tard, la justice rejetait la demande de remise en liberté de Loison, accordant celle de Baschet. Hier, les avocats du septuagénaire ont demandé de nouveau sa remise en liberté. La cour a refusé.

Isabelle MOREAU

Source : Ouest-France, mardi 2 juillet 2013