mercredi 9 janvier 2013

MÉDECINES DOUCES, PAS SI DOUCES ? (Revue de presse)


Les médecines douces font leur entrée à l’Hôpital
La clinique du Tertre-Rouge, au Mans, accueille un centre dédié aux médecines non conventionnelles. En France, c’est l’une des premières structures de ce type à voir le jour au sein d’un établissement hospitalier. Intégré au sein de la clinique, ce centre regroupe des professionnels pratiquant des soins basés sur des moyens naturels, sans produit pharmaceutique : acupuncture, kinésiologie (technique énergétique pour débloquer et équilibrer le corps), shiatsu (pressions et étirements), massage californien, naturopathie (soins naturels axés sur l’hygiène alimentaire et physique), ostéopathie (mobilité des articulations, muscles, ligaments ou viscères), sophrologie (synthèse des techniques orientales de méditation). À terme, le centre doit aussi accueillir un homéopathe.
En quoi est-ce nouveau ?
 En France, hôpitaux et cliniques commencent à aller plus loin que le renfort ponctuel d’un acupuncteur ou d’un sophrologue. Avec le CHU de Poitiers, le pôle santé sud du Mans fait partie des pionniers qui ouvrent un centre entièrement dédié aux médecines douces au sein de l’établissement. Ce choix s’inscrit dans une politique de prise en charge transversale : centre de la douleur, éducation thérapeutique en diabétologie et cardiologie, soins palliatifs, consultation infirmière post-annonce en cancérologie...
Quel est l’intérêt d’un regroupement des praticiens ?
 « Pour le patient, c’est la garantie d’avoir un thérapeute compétent. Nous sommes dans un établissement reconnu, tous les professionnels sont diplômés et ils ont signé une charte éthique », résume Guillaume Gérault, naturopathe, coordinateur du centre, qui souligne l’intérêt du lien entre praticiens : « Si un ostéopathe se rend compte qu’un patient est barbouillé, il peut l’envoyer chez un naturopathe, pour faire un bilan sur son alimentation, ou proposer une séance de sophrologie, pour libérer les tensions. »
Source : Un centre de médecines douces au Pôle santé sud (Ouest-France)
A lire aussi : Les médecines alternatives à l’hôpital (Votre santé) Les médecines complémentaires pratiquées à l’hôpital (L’Express)
Cancer - Les médecines douces font leurs preuves (France Soir)
 
Les risques de charlatanisme

Des thérapeutes de médecines non conventionnelles promettent bien-être et santé en adoptant de nouvelles habitudes alimentaires, mais seules l’acupuncture et l’homéopathie (qui ne sont pas fondées sur la nutrition) sont reconnues par le Conseil national de l’ordre des médecins. En l’absence d’encadrement de ces pratiques, des spécialistes mettent en garde sur les risques de carences nutritionnelles, mais aussi d’embrigadement sectaire.
Un exemple, la naturopathie

La naturopathie, une discipline qui trouve un certain écho dans la population, en est un bel exemple. « En naturopathie, nous définissons trois hygiènes de vie : une hygiène alimentaire, du mouvement (avec de l’exercice physique individualisé) et neuropsychique, pour gérer le stress », nous décrit Daniel Kieffer, naturopathe depuis plus de trente ans et président de la Fédération française de naturopathie (Fenahman). Cette fédération se présente comme la seule structure fédérale nationale représentative de la naturopathie. Elle regroupe plusieurs écoles privées et associations.
Quelles sont ses recommandations en matière d’alimentation ?Concrètement, il s’agit d’un régime végétarien au sens large du terme. Il donne la part belle aux fruits et légumes, si possible issus de l’agriculture biologique, mais autorise les œufs, quelques laitages, le poisson, les coquillages, voire la volaille. Seuls les sucres industriels, la viande rouge et la charcuterie sont exclus.
« A priori, le fait d’exclure la viande n’est pas inquiétant sur le plan des apports nutritionnels si on compense les nutriments manquants », analyse le Dr Dominique-Adèle Cassuto, nutritionniste à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, qui a étudié à notre demande quatre classiques des régimes alimentaires. Il reconnaît toutefois que « 60 % des clients des naturopathes sont en situation fonctionnelle, c’est-à-dire qu’ils présentent des troubles chroniques comme des dermatoses (affections de la peau), des rhumatismes, des allergies, des côlons irritables ou de la spasmophilie... »
Une nébuleuse de médecines alternatives
Plus préoccupant, dans le sillage de la naturopathie, une nébuleuse de médecines alternatives propose des régimes plus atypiques, là aussi sans aucun contrôle. Leurs préceptes nutritionnels ont des points communs avec ceux de la Fenahman, mais dans des formes beaucoup plus extrêmes. Certaines optent pour un végétarisme plus strict, voire du végétalisme.
Les risques ne concernent pas que la santé physique. Dans son dernier rapport, la Mission interministérielles de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) alerte sur l’usage qui est fait de certains régimes alternatifs par des sectes pour attirer de nouveaux adeptes dans leurs filets.
Source : Les régimes durs des médecines douces (60 millions de consommateurs)
A lire aussi : Solution minérale miracle : mise en garde (UFC-Que Choisir)
Le gouvernement publie sans débat contradictoire une liste noire de médecines douces (Ouverture.net) Revue de patamédecine (L’Express)
La plante qui cache le poison (L’Express)

Quelques pistes pour s’assurer du sérieux des médecines non conventionnelles
1- Seulement en complément d’un traitement

Votre praticien de médecine complémentaire et alternative (MAC) vous intime de jeter votre ordonnance à la poubelle et de prendre des tisanes ? Méfiance. « En aucun cas, il ne doit modifier ou annuler le traitement recommandé par les médecins, précise-t-on au Conseil national de l’ordre. Ces thérapies aident à mieux vivre, voire à trouver davantage de confort ou à répondre à des problématiques simples, et c’est à ce titre qu’elles peuvent venir compléter un traitement, jamais le remplacer. »
2- Repérer les praticiens diplômés

Aujourd’hui, tous les homéopathes sont médecins. « Notre pratique a été reconnue par l’ordre des médecins pour la première fois dès 1974", précise la docteur Dominique Jeulin, présidente du Syndicat des homéopathes de France. Concernant l’acupuncture, les praticiens doivent avoir obtenu un DIU (Diplôme inter-universitaire en trois ans d’études), qui les autorise à en faire état en le marquant sur leur plaque, leurs ordonnances et les pages jaunes de l’annuaire. Depuis 2002, la loi Kouchner réglemente la pratique des ostéopathes et des chiropracteurs, formés dans des centres désormais agréés par le ministère de la Santé.
3- Se fier aux syndicats professionnels

Faute de label gouvernemental, les syndicats et les registres professionnels demeurent des sources fiables. Acupuncteurs, homéopathes, ostéopathes, naturopathes ont, en interne, déjà organisé leurs pratiques et séparé le bon grain de l’ivraie. La plupart de ces praticiens se sont regroupés en organisations représentatives, et parfois un simple coup de fil ou la consultation de leur site Internet permet d’obtenir des renseignements sur le sérieux d’un praticien.
4- Gare aux dérives sectaires

Si certaines médecines alternatives n’ont plus à prouver leur sérieux, d’autres petites nouvelles flirtent parfois avec les pratiques sectaires. La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires a publié un guide Santé et Dérives sectaires, consultable sur son site www.miviludes.gouv.fr.
Source : Médecines douces : comment y voir clair ? (Le Parisien)
A lire aussi : La reconnaissance des médecines alternatives (L’Express) Un label pour encadrer les médecines alternatives (Metro)

Source : Revue de presse de France 5 en lien avec la diffusion de MÉDECINES DOUCES, PAS SI DOUCES ? C’est notre affaire, émission du mercredi 9 janvier 2013,
http://www.france5.fr/c-notre-affaire/?page=player-plus-loin&id_rubrique=578