vendredi 4 mai 2012

Remèdes de grand-mère et superstitions - Potions improbables et magie

Il y a fort à dire sur les recettes de grand-mère et les remèdes de bonnes femmes couramment administrés par le passé... Entre la pose de sangsues, l'ingestion de limaces ou de tisane de ronces, et la visite salvatrice au rebouteux, l'imagination n'avait de rivale que la superstition... Petit tour d'horizon de ces pratiques censées soigner tout, tout, tout. Et à n'absolument pas tenter d'expérimenter !
C'est bien connu, les pierres guérissent. C'est le cas de l'émeraude, qui, en plus de préserver la vertu, guérit les affections de la vue, alors que l'améthyste soigne la constipation, et que le grenat protège celui qui le porte contre le jeteur de sort.
A un niveau plus humble, dans les campagnes du pays de Blain et plus largement de l'arrondissement de Châteaubriant, où l'on ne possédait pas ces joyaux, il fallait bien avoir recours à d'autres méthodes...
Ainsi guérissait-on jadis le « vé » ou le ver des jeunes enfants, en l'amenant tout simplement voir toute personne née peu après la mort de son propre père, et qui, de ce fait, avait le talent naturel de faire les « signes » qui font disparaître les vers...
 Pour soigner les « joliereaux » (oreillons) rien de tel que de passer autour du cou d'un malade la « nâche » (corde) d'une vache... noire ! D'où la forte côte des vaches noires pendant les épidémies d'oreillons.
On traitait la méningite en appliquant directement sur la tête du malade un cœur-de-pigeon, extrait sans avoir au préalable tué l'oiseau. La guérison s'en suit « si l'heure de la mort n'est pas venue » (sic).
 Brûlures, verrues et « vlins » (venins) étaient quant à eux traités par conjuration, que seuls quelques initiés avaient pouvoir d'effectuer, avec des signes qu'ils ne devaient dévoiler - pour les transmettre - qu'au moment de leur mort, sous peine de mourir de façon anticipée. Après cet exorcisme, la brûle se localise et guérit, le vlin, instantanément stoppé, ne remonte pas au cœur. Petit détail : pour conjurer avec succés, il faut impérativement être né et baptisé le 25 janvier, jour de la Conversion de saint Paul...
Guérir un panaris ? Rien de plus simple ! On plonge le doigt malade dans un œuf cru, et si la chaleur qu'il dégage coagule l'albumine, c'est gagné !
 Un antidote aux empoisonnements ? Une potée de lait caillé, et toute intoxication est guérie ! Lait caillé également efficace pour soigner les yeux injectés de sang, en application. Idem pour les piqûres d'abeilles.
Pour faire disparaître les verrues, jeter une poignée de petits pois, sans en compter les grains, surtout, et les jeter dans un puits. Les vers intestinaux, ces helminthes « qui remontent au cœur » des enfants, disparaissent en leur faisant boire un mélange de lait doux et de suie. Pour prévenir les vers, une infusion d'herbel sainte (absinthe) prise à jeun les 3 premiers jours de mai, est souveraine.
L'épilepsie, dite « malcaduc », guérit sûrement (sic...) en absorbant une infusion de gui, prélevé sur un chêne exclusivement. La danse de Saint-Guy se soigne avec une décoction d'armoise, cueillie la veille de la Saint-Jean...
 Contre les loupes, qui poussent parfois sur le front, appliquer tout simplement un tour-ton juste sorti du four et fendu en deux.
 Les dartes disparaissent lorsqu'on les lave à plusieurs reprises avec de l'eau salée, ou du vinaigre où aura macéré un œuf de poule noire...
 Maux de dents ? Pourquoi pas un cataplasme de mie de pain ou de pommes de terre cuites sous la cendre ? 
Maux de gorge ? Un bas autour du cou rempli de cendres chaudes, ou... une cravate de soie blanche !
Douleurs internes, meurtrissures, bleus ? Boire une dissolution d'excréments de chat dans de l'eau chaude.
 Un érésipèle résistant ? Une application de sang de lièvre, et le tour est joué !
 Une forte fièvre ? Une rainette vivante posée sur le pouls du malade le guérit radicalement. Car le batracien attrape la fièvre, et en meurt le plus souvent.
Rhumatistes ? Une ceinture de flanelle rouge ! Pour la fièvre typhoïde ou la fièvre muqueuse, il suffit d'appliquer des cataplasmes d'oignons blancs sous la plante des pieds. Un point c'est tout.
Quant aux plaies, elles sont guéries par immersion dans de l'eau de vaisselle, ou au choix, par application d'une peau de crapaud sèche, ou encore d'un cataplasme de bouse de vache.

Source : L'Eclaireur de Châteaubriand, Vendredi 4 Mai 2012