jeudi 21 juin 2012

TRIBUNAL - Elle travaillait dans une association viroise - Addict à la voyance, elle utilisait un téléphone professionnel

Christine, 36 ans, est poursuivie pour avoir, entre mars et août 2011, à Vire, fait un usage personnel d'un téléphone professionnel, entrainant des dépenses (hors forfait) de 12.575 €.

En réalité, le téléphone aurait été affecté à un autre salarié qui en avait fait un usage détourné et confié à la prévenue pour en rapporter la messagerie mais elle ne se contentera pas seulement de rapporter la messagerie et l'utilisera pour contacter des services de voyance en ligne.
Au début, l'association n'a pas fait attention à l'augmentation des frais de téléphone pour cause de changement d'opérateur. Ce n'est qu'après de nombreuses recherches que le pot aux roses est découvert et la salariée mise à pied le 24 août 2011, puis licenciée en septembre 2011.
Une autre fois, alors qu'elle est dans le bureau de la comptable, la prévenue profite d'un moment d'inattention de celle-ci pour subtiliser le chéquier de la société en l'introduisant dans d'autres documents. Elle utilisera 9 chèques entre juin et août 2012 pour un montant de 541 € pour acheter à manger à ses enfants et parfois pour son tabac, selon ses déclarations.
Pour le téléphone, elle explique qu'au moment des faits, elle se trouvait dans un grand désarroi et qu'elle consultait un service de voyance qui parfois la faisait attendre 20 minutes au bout du fil. « J'avais besoin de les appeler depuis mon divorce pour savoir si j'allais m'en sortir et si mon mari allait enfin me foutre la paix ».
La prévenue, n'en était pas à sa première affaire puisque en 2009, elle était condamnée à 500 € d'amende pour abus de confiance et escroquerie. En 2008, elle comparaissait pour le vol d'un autre téléphone.
Présent à l'audience, le président de l'association réclame 18.610, 76 € pour préjudice matériel et 150 €pour préjudice moral. Le président explique qu'il était prêt à lui donner d'autres responsabilités mais qu'elle a trahi sa confiance. « Nous sommes une association d'insertion et si notre personnel n'est pas fiable c'est un problème », a-t-il déclaré, dépité.
Le ministère public écarte la peine plancher pour la prévenue qui est en état de récidive légale avant de revenir sur son état de dépression au moment des faits et sur son addiction à des services de voyance.
La procureure de la République, Mme Lecardeur déplore que malgré ses antécédents la prévenue ne se soit pas soignée et requiert à son encontre 6 mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve avec obligation de soin, de travail et d'indemnisation des victimes.
Me Lehoux, l'avocat de la défense s'interroge sur les responsabilités connexes et ne comprend pas que la société n'ait pas mis en place un système pour vérifier cette augmentation anormale d'appels de plus de 4 heures par jour. Il s'interroge également sur l'utilité d'une audience correctionnelle pour des faits d'addiction pour une personne en dépression.
La prévenue sera finalement condamnée à 12 mois de prison dont 9 mois avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans, accompagnés d'une obligation de soin, de travail et d'indemnisation de l'association à hauteur de 15.105,64 € pour les communications téléphoniques, 1 000 € pour tracas causés par la procédure et 200 € au titre de l'article 475-1 du code de procédure pénale.
Source : La Voix du Bocage, Jeudi 21 Juin 2012