mercredi 8 août 2012

Un pèlerinage pour guérir


Croyances et pratiques autour des sources miraculeuses en pays d'Auge.
Le Pays-d'Auge est riche en sources dites miraculeuses, théâtre de croyances et de pratiques variées. Dans certains villages, comme à la Chapelle Haute-Grue par exemple, des pèlerinages ont encore lieu.

Le Pays-d'Auge est riche en sources auxquelles sont attribuées des vertus guérisseuses. Souvent, elles ont fait l'objet de pèlerinage jusqu'à un passé récent.
Croyances
L'origine de ces croyances est difficile à déterminer. Des textes anciens parlent de bienfaits observés sur des chiens atteints de maladies de peau qui auraient guéri en se baignant dans ces sources. En d'autres lieux, la source est associée à une légende, comme à la source Saint-Méen au Pré-d'Auge. Dans nos campagnes, jusqu'au début du XXe siècle, quand un enfant était victime d'une maladie cutanée, les parents allaient consulter une “toucheuse” qui leur indiquait quel saint guérisseur ils devaient prier.

Pratiques
Pour cela, elle inscrivait le nom des saints sur des feuilles de lierre qu'elles plaçaient dans un récipient d'eau bénite. Les tâches qui apparaissaient sur les feuilles la renseignaient sur le saint qui pouvait guérir l'enfant. Il ne restait plus qu'à organiser un pèlerinage pour la famille sur un lieu dédié au saint en question.
Saint-Laurent, lui, est souvent invoqué pour soigner les maladies de peau qui provoquent une sensation de brûlure, notamment le zona, qu'on appelle aussi “le feu Saint-Laurent”. Son culte est donc très répandu en Normandie, notamment en Pays-d'Auge, où il est souvent associé aux bienfaits de l'eau d'une fontaine voisine.
En pays d'Auge
Sur le canton de Livarot, à la Chapelle-Haute-Grue par exemple, la source de cette commune est depuis le XVIIe dédié à Saint-Laurent. Les personnes viennent y prendre de l'eau ou trempent un tissu qu'ils passent sur les zones malades dans l'espoir de guérir avant de mettre un cierge à l'église. Chaque année, à la Saint-Laurent, des fidèles se retrouvent pour le pèlerinage qui a lieu en son honneur. De l'autre coté du pays d'Auge, à Saint-Arnoult, il n'y a plus de pèlerinage depuis les années 70 mais les démarches personnelles perdurent autour de la source Saint-Clair située à côté de la chapelle. « C'est le deuxième saint le plus vénéré de Normandie après Saint-Martin. En moyenne sur la période estivale, on reçoit 800 à 900 personnes », précise Gérard H. président de l'association A. avant d'ajouter : « Aujourd'hui, il n'y a plus de pèlerinage, il n'en demeure pas moins que les gens témoignent du réconfort en ces lieux ».
Source : L’Eveil de Lisieux, mercredi 8 août 2012