dimanche 1 septembre 2013

Assassiné pour cause de rationalisme

Médecin de formation, Narendra Dabholkar a pratiqué ce métier jusqu'à l'âge de 40 ans dans sa ville de Pune, à 150 km au sud-est de Bombay, avant de ranger son stéthoscope pour combattre un plus grand mal : la superstition sous toutes ses formes, omniprésente en Inde 
où fleurissent gourous, babas, astrologues, et où divers charlatans prétendent guérir les maux par la morsure de serpent, les sacrifices d'animaux ou la vente de pierres magiques. 

A 67 ans, cet athée adepte de la raison a donc eu le temps de se faire beaucoup d'ennemis, parmi l'extrême droite et les escrocs en tout genre : inlassablement, Dabholkar visitait les écoles, discutait, démontait les faux miracles, affirmait son respect pour les religions mais son opposition aux faussaires, et militait
 pour l'adoption d'une loi interdisant la superstition et les rituels de magie noire. 

Mardi 20 août, peu après son yoga matinal, Dabholkar a été abattu à bout portant par deux hommes, qui ont pris 
la fuite à moto. Le lendemain, le gouvernement de l'Etat du Maharashtra a adopté le texte de loi pour lequel il s'était tant battu.
 • ANNE DASTAKIAN
Source : Marianne, 31 août 2013