samedi 19 octobre 2013

Charente-Maritime : "l'ostéopathe des stars" condamné à 10 ans de prison

Pierre Pallardy, qui vit à Saint-Martin-de-Ré (17), a été condamné vendredi à dix années de réclusion criminelle ferme pour des viols et agressions sexuelles d'anciennes patientes
Pierre Pallardy, 72 ans, surnommé "l'ostéopathe des stars", a été reconnu vendredi coupable par la cour d'assises de Paris de cinq viols et sept cas d'agressions sexuelles. Il était poursuivi pour 19 cas différents, dont sept viols.
Le praticien était accusé d'avoir commis ces viols et agressions sexuelles à son cabinet parisien ou à Saint-Martin de Ré, où il possède le domaine de la Baronnie. Un bâtiment restauré et transformé en chambres d'hôtes, devenu depuis un hôtel.
La cour a également prononcé son interdiction
d'exercer à vie et son inscription au fichier des délinquants sexuels.
L'ancien "ostéo du tout Paris", qui avait très longuement attendu sur une chaise dans la salle d'audience l'arrivée de la cour, a fait un malaise à l'énoncé du verdict. Déjà, le procès de trois semaines avait dû être interrompu une journée après un précédent malaise de l'accusé.
"Mythomane et narcissique"

Tout en exprimant sa satisfaction, Françoise Chataignier, une des victimes de viol reconnu par la justice, a regretté que Pierre Pallardy ait persisté à nier tout au long du procès. "Le jour de mon témoignage mon avocat a essayé de l'amener au moins à exprimer des regrets", a-t-elle relevé tout en jugeant que les aspects "mythomane et narcissique" de l'accusé l'en avaient empêché.
Depuis sa mise en examen en 2006 et tout au long des audiences, Pierre Pallardy a nié les faits, arguant que les plaignantes s'étaient méprises sur des gestes thérapeutiques de "méthode puissante et dangereuse", qui pouvaient en outre faire ressurgir des souvenirs enfouis de violences sexuelles, ou avaient fait des "transferts" sur sa personne.
"On m'a traité de choses horribles"
Après une première plainte, classée sans suite en 2004, une nouvelle en 2006 avait conduit les enquêteurs à contacter tous les patients figurant dans les carnets de rendez-vous de l'ostéopathe. De fil en aiguille, Pallardy était accusé de sept cas de viol, 12 d'agression sexuelle.
L'accusation avait réclamé au moins 12 ans de réclusion criminelle, affirmant qu'il avait usé de "son autorité et sa notoriété" pour "infantiliser" des femmes présentant des "fragilités" et mieux abuser d'elles. "Pierre Pallardy nous a dit "mes patients sont mes enfants". Vous avez une attitude pédophile, vous avez profité de l'emprise que vous aviez sur elles", avait lancé l'avocate générale, Annie Grenier.
Dans un dossier reposant sur les témoignages des plaignantes, la magistrate avait souligné à quel point étaient "similaires" les récits de ces femmes "qui ne se connaissaient pas, venues des quatre coins de France, dont le seul point commun est d'avoir franchi un jour la porte du cabinet de Pierre Pallardy", dans sa maison d'une voie privée du XVIe arrondissement de Paris. Et de juger que sur les 19 cas, un seul suscitait des "interrogations".
Face à la cohorte des témoignages, la défense a plaidé que le doute devait profiter à l'accusé, en l'absence de toute preuve matérielle.
Invité à s'exprimer en dernier Pierre Pallardy a soufflé, la voix coupée de sanglots: "On m'a traité des choses horribles, je ne peux pas l'accepter".
Source : Sud Ouest, 19 octobre 2013,
http://www.sudouest.fr/2013/10/19/charente-maritime-l-osteopathe-des-stars-condamne-a-10-ans-de-prison-1204686-4697.php