mardi 10 décembre 2013

Ancenis, Chemillé - Dix ans requis à l’encontre du magnétiseur ligérien

Jean-Michel Caillet est rejugé pour une vingtaine de viols et agressions sexuelles dans le cadre
de son activité de magnétiseur, et pour exercice illégal de la médecine. Verdict attendu aujourd'hui.
Jean-Michel Caillet est-il un rebouteux efficace ou un manipulateur pervers ? La question devra être tranchée, ce mardi, par les jurés de la cour d'assises de la Mayenne devant laquelle le magnétiseur est rejugé depuis une semaine. En première instance, il avait été condamné à dix ans de prison. La même peine a été requise, hier, par l'avocate générale.
Tout ce procès en appel a été dominé par la question de la manipulation. Manipulation psychologique, dénoncée par les experts et avocats des parties civiles ; manipulation à visée thérapeutique, selon la défense.
Problèmes de dos, mal aux dents, à la tête ou aux pieds... : Jean-Michel Caillet - qui n'a jamais reçu la moindre formation médicale - situait systématiquement au niveau du coccyx l'origine de tous les maux de ses clientes. Et les soignait toujours de la même manière : en pénétrant leur sexe avec ses doigts, sans mettre de gants. Acquitté en première instance pour cinq cas, il est rejugé pour des viols et agressions sexuelles sur dix-huit femmes, à Ancenis et Chemillé, entre 1996 et 2005, ainsi que pour exercice illégal de la médecine.
Soutenu par ses proches - qui, la première semaine, sont restés assis sur le banc des accusés - Jean-Michel Caillet s'est montré relativement sûr de son fait. Et de sa manière de procéder. Mais, pour Me de Logivière, l'un des avocats des parties civiles, le magnétiseur n'est pourtant rien d'autre qu'« un imposteur, un charlatan, qui profite de la vulnérabilité de ses clientes pour assouvir ses pulsions sexuelles sous couvert d'actes thérapeutique ». « C'est un pervers, qui ne répond jamais aux questions qu'on lui pose », estime Me Ablain, conseil de la victime qui, la première, a dénoncé les viols. Un « manipulateur » qui « pensait que la honte de ses victimes le protégerait », relève Me Soulard.
Dans une longue plaidoirie à deux voix, les avocats de l'accusé, ténors angevin et nantais, ont, purement et simplement, plaidé l'acquittement. Me Fouquet a tenté d'écarter l'élément intentionnel en assurant que son client, « issu d'un milieu agricole », n'avait « ni conscience, ni volonté de commettre une infraction ». Et en rappelant que ce dernier conteste les viols. Me Choucq a, quant à lui, brandi le spectre de l'erreur judiciaire, dans le sillage des affaires « Dils, Machin, Séché ». En s'appuyant sur les témoignages les plus fragiles, l'avocat nantais a estimé qu'on voulait s'en prendre au « self-made-man qui a osé rentrer dans la chasse gardée de la faculté de médecine ». Verdict ce mardi.
Nicolas EMERIAU.
Source : Ouest-France, Pays de la Loire, 10 décembre 2013