vendredi 20 décembre 2013

GRANDE-BRETAGNE - LA SCIENTOLOGIE AUTORISÉE À CELEBRER DES MARIAGES

Interview de Georges Fenech, président du groupe d'études sur les sectes à l'Assemblée
Le Nouvel Observateur La Cour suprême britannique a autorisé
 la célébration d'un mariage scientologue et, de fait, reconnu l'Eglise de Ron Hubbard comme religion. Votre réaction ?

Georges Fenech Je suis très réservé et circonspect par rapport à cette reconnaissance juridique d'une organisation à caractère sectaire qui a définitivement été condamnée par la cour d'appel de Paris pour escroquerie en bande organisée et exercice illégal de la médecine. C'est u n très mauvais signal donné aux pays d'Europe, qui doivent redoubler de vigilance. Je suis inquiet, car cette organisation continue à agir de la même manière, en attaquant l'intégrité des personnes et en usant de manœuvres frauduleuses dans le but de soutirer de l'argent.
La France pourrait-elle un jour adopter une telle décision ?
Aucun risque. D'autant que la Scientologie en France fonctionne sous le régime des associations de loi 1901 et n'a pas le statut de 1905 - elle n'aurait d'ailleurs aucune chance de l'obtenir. Le système anglo-saxon ne connaît pas le principe de laïcité à la française, où il y a séparation des Eglises et de l'Etat. Contrairement à la Grande-Bretagne, chez nous, les mariages religieux n'ont pas de conséquences juridiques.
A la suite de leur condamnation du 17 octobre 2013, la Scientologie a déposé une requête devant
 la Cour européenne des Droits de l'Homme. La décision française peut-elle être invalidée?
Je ne le pense pas, puisque la décision ne porte pas sur le bien-fondé des croyances scientologues mais sur des pratiques telles que la vente d'électromètres ou l'administration massive de vitamines et de niacine considérées comme des pratiques illicites de la médecine.  Si la Scientologie avance en Europe, des pays comme l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique ou la Suisse sont, comme la France, extrêmement attentifs.
PROPOS RECUEILLIS PAR MARIE LEMONNIER
Source : Le Nouvel Observateur, 19 décembre 2013
Mots-clefs: Angers – Nantes - Information et prévention sur les psychothérapies abusives et déviantes (emprise mentale, irrationnel, charlatanisme, ésotérisme, dérive sectaire, secte)