mercredi 18 décembre 2013

Nanteuil - Le magnétiseur touche-à-tout reste en détention

Nanteuil. Le magnétiseur soupçonné de treize viols et agressions sexuelles reste en prison. Après avoir été soudeur et boulanger, il veut être comptable.

Une formation l'attend. Elle l'attendra encore. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Poitiers a décidé, hier matin, de prolonger la détention provisoire de Patrick Averty, l'ex-magnétiseur de Nanteuil.
Il se trouve en détention depuis juin 2012. « Il faut que l'instruction se termine au plus vite », a noté le président de la chambre de l'instruction. Il faut dire que les investigations lancées contre le magnétiseur se sont révélées plus longues que prévu à la faveur de nouvelles plaintes le visant.
L'affaire débute en avril 2012
L'affaire débute en avril 2012 avec la plainte d'Isabelle, une trentenaire qui vient confier aux gendarmes ce qu'elle a subi. Au cours de sa deuxième séance chez le magnétiseur, elle a été victime d'atteintes sexuelles.
Elle raconte les caresses, les pénétrations digitales puis le rapport sexuel complet contre son gré. Très diminuée, la jeune femme ne trouve pas les ressources physiques et psychologiques pour s'opposer.
Une douzaine de victimes se manifestent
Le magnétiseur est mis en examen au début du mois de juin 2012 et laissé libre sous contrôle judiciaire. Il lui est fait interdiction d'exercer. Dix jours plus tard, il est placé en détention provisoire. Entre-temps, plusieurs femmes se sont plaint comme Isabelle. Elles décrivent toutes peu ou prou la même chose  : des caresses intimes, des pénétrations et des rapports sexuels non consentis. Au final, l'instruction recense treize victimes entre janvier 2010 et avril 2012. Des femmes qui présentent le même profil de fragilité psychologique. Des femmes vulnérables qui venaient chercher un réconfort et une solution à leur problème du moment.
Il demande en vain un bracelet électronique
A ces femmes, il prétend pratiquer des gestes d'acupuncture du bas-ventre, ses attouchements résorberaient l'échauffement de leurs parties intimes. « Je n'avais pas conscience de ce qui se passait. J'ai cru que je pouvais aller plus loin », confie Patrick au début de l'instruction. Depuis, il nie tout. Il l'a redit hier.
Patrick voudrait recouvrer la liberté, avec un bracelet électronique pour se lancer dans une nouvelle activité. Ce touche-à-tout de 48 ans a commencé agent d'entretien, il a été soudeur, boulanger, puis guérisseur magnétiseur. « Je veux suivre une formation de comptable », a-t-il expliqué. « Je retournerais chez moi si j'étais libre. »
Une hypothèse impossible pour l'avocate d'Isabelle, Me Marchand comme pour l'avocat général, Jean-Paul Garraud. En plus, l'expert a noté qu'il ne pouvait «maîtriser ses pulsions sexuelles» mais qu'il ne souffrait d'aucune pathologie.
« L'instruction est en phase finale », relève Me Martin, le défenseur de Patrick qui est en préventive depuis un an et demi. « Il n'y a plus aucun risque et en plus il ne peut plus exercer comme magnétiseur. »
La chambre de l'instruction en a décidé autrement tout en souhaitant que l'instruction s'achève très rapidement.
Emmanuel Coupaye
Source : La Nouvelle République, 18 décembre 2013,
http://www.lanouvellerepublique.fr/Deux-Sevres/Actualite/Faits-divers-justice/n/Contenus/Articles/2013/12/18/Le-magnetiseur-touche-a-tout-reste-en-detention-1729446