vendredi 6 décembre 2013

Sectes- Serge Blsko, président de la Miviludes, en prévention à Angers

Les dérives sectaires évoluent. Aux grandes organisations identifiées, se mêlent aujourd'hui de multiples microstructures ésotériques, orientalistes, guérisseuses qui prospèrent sur le dos des fragilités humaines. Serge Blisko, le président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), est venu en parler mardi soir à Angers. Interview.
Comment analyser vous cette évolution des dérives sectaires ?
Serge Blisko : "Un certain nombre de grands mouvements ont compris aujourd'hui qu'ils étaient en butte avec le travail que nous menons, avec la vigilance de l'Etat et de la Justice. Et ils se montrent donc plus prudents. Mais parallèlement, beaucoup de petites organisations sont nées, ont surfé sur la vague du spiritualisme sans forme particulière et essayent de rassembler un certain nombre de personnes autour de quelques individus, d'une philosophie. On se refuse à parler pour eux de sectes, car nous sommes dans un Etat qui garantit la liberté mais nous nous positionnons du côté des victimes."

C'est à dire ?
"On s'intéresse beaucoup aux effets que ces groupes peuvent
produire sur un certain nombre de personnes ou de familles 
vulnérables. Pourquoi est-on vulnérable ? Souvent parce qu'on fait face à une rupture, familiale, sentimentale, un deuil, l'annonce d'une maladie grave. Le risque sectaire, c'est la mauvaise rencontre à ce mauvais moment de votre vie avec un groupe, un individu, une idéologie qui vous prend à part et commence à vous couper progressivement de la société, de votre famille. Et oui, on assiste à une prolifération de ce type d'idéologies particulières qui peuvent vous emmener dans des situations extrêmement dommageables."

La santé, dites-vous, est un secteur qu'ils affectionnent particulièrement ?
"Oui. Car ça reste un sujet d'inquiétude pour un nombre de nos concitoyens. Et ces mouvements surfent aussi sur les dénonciations des scandales sanitaires. Face à une médecine qui progresse toujours, certains finissent par trouver les soins trop technicisés, trop froids. Face à cette insatisfaction, des voix plus douces se font entendre pour se demander s'il n'y a pas mieux, s'il n'y a pas de traitements plus naturels... Je caricature à peine parce qu'on se rend compte que ces philosophies médicales pullulent et éloignent des gens de chance de guérison. Parce qu'ils ne suivent pas leur traitement, parce qu'ils vont consulter trop tard etc..."

Des dérives multiples et éparpillées... Votre surveillance s'avère donc plus délicate ?
"Oui, d'autant que ces groupes travaillent dans la discrétion la plus totale souvent. Avec Internet, plus besoin d'affiches, de conférences, de publications... Pour eux, c'est une plateforme formidable où la parole de l'un égale la parole de l'autre, où il n'y a pas d'autorité scientifique pour contredire celui qui dit que la médecine est nulle."

Comment faire ?
"C'est difficile mais c'est notre travail de donner aux gens des outils pour cultiver leur esprit critique et de ne pas se laisser emporter. Il faut qu'il sache que, si les mouvements changes, on retrouve toujours même les dangers pour des victimes de souffrance physique, psychologique."

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