mardi 3 décembre 2013

Chemillé, Ancenis - Un radiesthésiste angevin accusé de viols

Jean Caillet a été condamné à dix ans de prison en décembre 2010. Il est rejugé à Laval pendant sept jours. On lui reproche une vingtaine de viols et l'exercice illégal de la médecine.
Il se présente libre au tribunal de Laval. Jean Caillet, un homme solide de 68 ans, collier de barbe blanche coupé court, tenue soignée, affiche, hier, l'attitude de celui qui a la conscience tranquille. Le radiesthésiste ne laisse rien paraître des deux ans passés en détention. Ni des faits qui lui sont reprochés. Une vingtaine de viols, d'agressions sexuelles, ainsi que l'exercice illégal de la médecine.
Jean Caillet a été condamné à dix ans de réclusion criminelle en décembre 2010 par la cour d'assises d'Angers. Après avoir fait appel, il est rejugé pendant sept jours par la cour d'assises de la Mayenne. Deux ténors du barreau angevin le défendent : Me Fouquet et Me Choucq. En face, six avocats et dix-huit victimes. Et une longue liste de témoins.
Les faits ont été révélés en juin 2005. Profondément choquée, une jeune fille de 20 ans tente de se suicider. À ses parents, elle révèle avoir consulté Jean Caillet pour des problèmes de dos et en avoir été victime. Le praticien nie et justifie, pour ce cas et d'autres cas, des manipulations anales ou vaginales qui auraient une fonction thérapeutique.
Le radiesthésiste (d'autres disent rebouteux) dispose d'une importante clientèle à Chemillé et Ancenis. Lors de l'enquête, une vingtaine de cas similaires vont apparaître.
Jean Caillet n'est pas médecin, il est technicien agricole. « J'ai appris à faire des piqûres pendant l'armée », tient-il à préciser. Retraité désormais, il exerce également l'activité de conseiller en nutrition animale.
Défendu et accusé par des femmes
Pendant longtemps, il a aussi vendu des médicaments pour animaux. Créant même des entreprises sans montrer de dispositions d'homme d'affaires : il a été poursuivi pour abus de biens sociaux.
Il est bon père de famille pour certains proches, qui parlent de « jalousies » à l'origine de cette affaire.
Une ancienne employée le juge rusé, filou. Le praticien, complexe et charismatique, a sans doute un fort pouvoir de persuasion sur plus fragile que lui. On parle d'homme à femmes. Il répond : « Je suis accusé par des femmes et défendu par des femmes. »
Ceux qui le soutiennent témoignaient hier. « Ça a été efficace », assure une bouchère retraitée qui souffrait du coccyx et à qui il a fait une manipulation. Ce mardi, nous entendrons celles qui l'accusent. S'agit-il de médecine parallèle ou d'un cas de perversité ? C'est à cette question que les jurés devront répondre.
Jean-François VALLÉE.
Source : Ouest-France, Pays de la Loire, 3 décembre 2013