mercredi 29 janvier 2014

Infirmier condamné à Nyon

JUSTICE Deux ans avec sursis pour avoir abusé de patientes.
Le Tribunal correctionnel de Nyon a condamné, hier, un infirmier de 36 ans à deux ans de prison avec sursis. Le soignant avait entretenu des relations sexuelles avec deux patientes de l'hôpital psychiatrique de Prangins (VD), où il travaillait.
Le tribunal a estimé que l'infirmier en psychiatrie avait clairement abusé de la détresse des deux femmes. "Ce professionnel chevronné était parfaitement au courant de la vulnérabilité de ses victimes et des graves conséquences que son comportement pouvait entraîner", a déclaré le président.
La Cour l'a reconnu coupable d'actes d'ordre sexuel avec des personnes hospitalisées et d'abus de la détresse. Elle l'a condamné à une peine "relativement clémente" de deux ans de prison assortis du sursis, avec un délit d'épreuve maximal de cinq ans. Le procureur, qui ne sait pas encore s'il va faire recours, avait requis trois ans ferme.
Entre janvier 2008 et décembre 2010, ce soignant français a entretenu des relations sexuelles avec deux patientes successives hospitalisées à Prangins. Les faits se sont déroulés à l'hôpital, puis à l'extérieur. L'une des deux victimes a porté plainte.
Pas de menaces
Pour le tribunal, le soignant a pris l'initiative de ces agissements, même s'il n'a jamais proféré de menaces. "C'est bien lui qui menait la danse, contrairement à ce qu'il prétend", a relevé le président. Dans leur état de détresse profonde, les patientes n'étaient pas en état de résister. Il leur était "difficile de s'y soustraire": l'infirmier en a "profité".
A l'audience, l'accusé avait invoqué un "but thérapeutique" pour expliquer son comportement, allant même jusqu'à reproduire avec une de ses victimes les abus sexuels traumatisants qu'elle avait déjà subis. "Un déni typique", a relevé la Cour, qui a qualifié ses pratiques de "thérapie dévoyée sans aucun fondement médical".
Ces actes "odieux et sordides" ont été commis par un infirmier qui était censé venir en aide aux patientes. Il a agi pour un motif égoïste, pour sa satisfaction personnelle. S'il a présenté ses excuses, pas sûr qu'il ait saisi toute l'ineptie des théories qu'il a tenues, a relevé la Cour.
Le tribunal a prononcé une interdiction de pratiquer sa profession durant cinq ans. Mais cette interdiction n'est valable qu'en Suisse, alors que l'infirmier réside et travaille désormais en France. Il devra en outre assumer les frais de la cause pour près de 37 000 francs et verser une indemnité pour tort moral de 15 000 francs pour la plaignante. En pleurs, celle-ci a déclaré qu'elle la remettrait à une oeuvre d'entraide. ATS
Source : Le Nouvelliste, 28 janvier 2014