vendredi 17 janvier 2014

Pédophilie : le Vatican répond à l'Onu

Interrogé sur les cas d'abus sexuels sur mineurs, le Saint-Siège dément faire obstacle à la justice.
Rome.
 De notre correspondante
« Quels changements ont été apportés au code de conduite pour prévenir les abus sexuels ? Qu'en est-il de la coopération avec les autorités locales ? Qu'en est-il des réparations pour les victimes ? » Faute de réponse écrite au questionnaire envoyé en juillet au Vatican, Sara Oviedo, experte du comité de l'Onu pour les droits de l'enfant, a posé ces questions, hier à Genève.
Épingle publiquement pour son inaction et accusé par les associations de victimes de vouloir étouffer les scandales, le Vatican s'est défendu. « Le Saint-Siège soutient le droit et le devoir de chaque pays à juger les crimes contre les mineurs, a rappelé Mgr Tomasi, l'observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'Onu. Nous voulons que la justice suive son cours. »
Reste que le Vatican a refusé de répondre au questionnaire du Comité de l'Onu sur les investigations menées par la Congrégation pour la doctrine de la Foi sur les cas d'abus sexuels. Motif ? Il estime que cette enquête ecclésiastique, « relevant du droit canon », doit être tenue secrète pour protéger témoins et victimes. Le Saint-Siège rappelle qu'il n'est pas compétent pour la collaboration entre les diocèses et les institutions judiciaires nationales, même s'il l'encourage.
Benoît XVI, au cours de son pontificat, avait demandé pardon. Son successeur devrait poursuivre dans la même direction. Ces scandales sont « la honte de l'Église », a déploré François lors de son homélie matinale. En décembre, il avait instauré une commission d'experts contre la pédophilie pour améliorer la protection des enfants.
Mathilde AUVILLAIN.
Source : Ouest-France, 17 janvier 2014