mardi 4 février 2014

Corps et Naturopathie, la santé des femmes mérite mieux que de la pensée magique

"Les naturopathes ne peuvent se multiplier et gagner leur vie que si la médecine et la pharmacologie reculent", selon Odile Buisson (SIPA)
Par Peggy Sastre
LE PLUS. En décembre dernier, Rina Nissim, naturopathe suisse, était l'invitée de "Terre à terre", sur France Culture. Au cœur de son discours, "la réappropriation de leur santé par les femmes" et la malveillance des lobbys pharmaceutiques et industriels. Peggy Sastre, auteure de "Ex Utero" et "No sex", rappelle que les femmes méritent mieux que de la philosophie en matière de santé.
Voici quelques jours, je suis tombée sur une émission de France Culture où était invitée Rina Nissim, naturopathe suisse et co-fondatrice du Dispensaire des Femmes, à Genève. Cet établissement, ouvert de 1978 à 1987, proposait aux femmes de se "réapproprier" leur santé, via la mise en œuvre de diverses pratiques naturopathiques – qui, pour résumer, privilégient "l'auto-guérison" du corps par la stimulation de ses défenses "naturelles".
Qui se réapproprie quoi, de qui ?
Cette notion de "réappropriation" est très présente dans les milieux féministes – Rina Nissim se définit d'ailleurs ainsi, idem pour la vocation de son ancien dispensaire. Plus précisément, la
notion redevient présente : si elle avait quelque peu disparu depuis les années 1970, la voilà qui refait son trou depuis quelques temps, à la faveur en particulier des diverses menaces bien réelles pesant sur les grands acquis de la révolution sexuelle (contraception et avortement libres, notamment).
Et c'est une notion qui me laisse pour le moins perplexe. Premièrement, et à un niveau très basique, pourquoi les femmes seraient les seules à devoir se "réapproprier" leur santé ? Et de quelle santé spécifiquement féminine parle-t-on ? En général, il s'agit de la santé liée aux organes reproducteurs, qu'importe que notre organisme soit bourré d'éléments qui ne fonctionnent pas (et ne tombent dès lors pas malades) de la même manière selon que vous êtes un homme ou une femme.
Ensuite, de qui faut-il se réapproprier cette santé ? Qui nous en a "expropriées" ? Qui nous a "dépossédées", et de quoi ? Là-dessus, des personnages comme Rina Nissim sont très clairs : le voleur, c'est le corps médical et le secteur pharmaceutique (souvent rebaptisé "lobby", parce que ça fait plus peur). Qu'importe que les avancées des deux derniers siècles en matière de science médicale, des avancées qui ont littéralement explosé depuis la Seconde Guerre mondiale, nous aient permis (entre autres) de doubler voire de tripler notre espérance de vie.
La meilleure défense des naturopathes, c'est l'attaque
Dans l'émission, la naturopathe n'hésite pas à dire que ces deux larrons ont "inventé" des maladies – la ménopause, par exemple. Elle va même un tantinet plus loin en remettant en question le dépistage généralisé du cancer du sein par mammographie et ses effets sur la baisse de la mortalité féminine – ce qui va à l'encontre d'à peu près toutes les études sur le sujet.
Pour lire l’article en entier, activer le lien ci-dessous:

Source : Le Plus du Nouvel Observateur, 2 février 2014,
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1139773-naturopathes-la-sante-des-femmes-merite-mieux-que-de-la-pensee-magique.html