lundi 17 mars 2014

Dordogne - Accusé de viols et d’abus de faiblesse: « Il avait vraiment un air de gourou »

Le président du centre du château du Pauly, à Chassaignes, dans le Ribéracois, est accusé de viols et d’abus de faiblesse
C'est un lieu isolé, situé à quelques kilomètres de Ribérac. Entre Bourg-du-Bost et Festalemps, à Chassaignes, le château du Pauly, planté au milieu d'un parc de sept hectares, abrite la société Conscience évolution vitalité énergie, un centre qui dit organiser des « activités de bien-être pour le corps et l'esprit ». Mais c'est ici que quatre femmes disent avoir été victimes d'abus : elles ont déposé plainte pour viols.
L'enquête a débouché mardi dernier sur l'interpellation du président de cette société. Il a été mis en examen pour « viols, agressions sexuelles et abus de faiblesse sur des personnes en état de sujétion psychologique, résultant d'exercices de pressions graves de nature à altérer leur jugement ».
Si personne dans la commune ne pouvait se douter « qu'il se passait des choses aussi graves », le maire de Chassaignes, Bertrand Ramette, n'est « pas totalement étonné » par cette mise en examen. « Cela semblait bizarre que cet homme soit là, dans ce lieu, avec ces trois femmes. On ne pensait pas forcément à des dérives sectaires, mais il avait vraiment un air de gourou. » Contacté le 24 octobre par une des victimes, le président de l'Adfi (1), Dominique Poumeyrol, raconte « qu'aujourd'hui, ces femmes ne s'expliquent pas comment elles ont pu se laisser entraîner là-dedans. Quand elle nous a appelés, la première victime allait très mal. » Elle s'était inscrite dans le centre pour participer à des séances de qi gong, une gymnastique traditionnelle chinoise. Petit à petit, « on lui a vendu des séances de thérapie qui devaient lui permettre d'évoluer, de se retrouver », avance Dominique Poumeyrol. Le but ? « Oser, dépasser ses propres limites. »
« Cet homme l'a même poussé à démissionner et elle était en train de rompre le contact avec sa famille. »
Dès la première séance, « il y aurait eu des massages et la victime s'est sentie très mal à l'aise. » Mais, fragile psychologiquement, cette femme a participé à des stages puis s'est laissée « entraîner dans cette spirale ». « Cet homme l'a même poussé à démissionner et elle était en train de rompre le contact avec sa famille. »
Une fois prévenue de ces faits, l'association périgourdine a donc saisi les autorités compétentes. Par la suite, plusieurs femmes ont osé « dépasser leurs craintes et déposer plainte ». Pour la première, c'était en décembre. Depuis, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires suivait le dossier de près. En Dordogne, Dominique Poumeyrol dit surveiller des dizaines de lieux de ce genre. « Le temps des grandes sectes est fini. De plus en plus, les manipulations ont lieu dans des endroits plus intimes où les manipulateurs recherchent soit de l'argent soit des faveurs sexuelles. »
Dans le cas présent, le président de la société du château du Pauly semblait doublement tirer profit de ses victimes. Aujourd'hui placé en détention provisoire, il est accusé par ces femmes de les avoir forcées à se dévêtir et de leur avoir fait subir des violences sexuelles.
(1) L'Association de défense de la famille et de l'individu victimes des sectes, tél. 06 78 77 68 14.
Source : Sud-Ouest, 17 mars 2014,
http://www.sudouest.fr/2014/03/17/cela-semblait-bizarre-il-avait-vraiment-un-air-de-gourou-1493282-1788.php