dimanche 30 mars 2014

Soufisme - Erdogan-Gülen, une lutte sans merci

Un « gang criminel » qui complote depuis l'étranger pour provoquer sa chute. Des militants qui useraient de méthodes de «pédophiles »... Recep Tayyip Erdogan n'a pas de mots assez durs pour qualifier la confrérie de l'imam Fethullah Gùlen, un septuagénaire reclus depuis 1999 dans une propriété sécurisée aux États-Unis d'où il dispense à ses fidèles un islam résolument tourné vers l'Occident. Aux yeux du Premier ministre, la confrérie, après avoir infiltré police et magistrature, serait à l'origine des fuites récentes sur les affaires de corruption le concernant. Fondée en Turquie à la fin des années 1970, Gülen se présente aujourd'hui comme un regroupement de plus d'un millier d'écoles et de dizaines d'universités en Turquie et à l'étranger, mais aussi de chefs d'entreprise et de puissants médias, dont le premier quotidien turc, Zaman, contre qui Erdogan est entré en guerre.
Une purge organisée 
contre la confrérie de l'imam
Gülen et Erdogan n'ont pas toujours été en froid. Après son arrivée au pouvoir en 2002, le Premier ministre s'est appuyé sur la confrérie... avant de décider de supprimer les écoles privées dépendant d'elle. D'où le déclenchement des hostilités entre les deux hommes. Erdogan, qui accusé la confrérie d'ourdir un complot contre lui, a ordonné des purges de grande ampleur, qui ont notamment visé plus d'un millier de policiers et plusieurs dizaines de procureurs chargés de superviser l'enquête anticorruption. De son côté, dans un entretien accordé le 21 janvier dernier au Wall Street Journal, Fethullah Gülen a accusé le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir d'avoir remis en question « le progrès démocratique » dans le pays ces deux dernières années. A.D.
Source : Le Journal du Dimanche, 30 mars 2014