mardi 11 mars 2014

Toulon - Nouvelle offensive de Fioraso contre l’université portugaise

ENSEIGNEMENT
La ministre va publier un arrêté visant l'université Fernando-Pessoa. Il s'agit d'empêcher les activités en France de l'établissement, qui ne respecte pas
le numerus clausus.
Marie-Christine Corbier
mccorbier@lcsechos.fr
Ce n'est probablement que le début d'un long feuilleton politico-judiciaire. Après un jugement du tribunal de Toulon qui vient de donner raison à l'université privée portugaise Fernando-Pessoa, la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, prépare un arrêté visant de facto à empêcher les activités en France de cet établissement, rebaptisé Centre libre d'enseignement supérieur international (Clesi), après s'être vu reprocher d'utiliser à tort le terme« université». La ministre recevra les syndicats et les étudiants au Clesi, qui manifesteront sous ses fenêtres à Paris vendredi. Elle «soutient la position des syndicats», indique son cabinet. «Nous demandons l'application de la loi et la fermeture.de Pessoa », insiste le président de la Fédération des syndicats dentaires libéraux (FSDL), Patrick Solera, l'un des organisateurs de la manifestation, qui vient d'être débouté par le TGI de Toulon.
Reconnaissance automatique des diplômes
Tout a commencé en novembre 2012, quand l'université privée s'est installée à Toulon pour proposer des formations en chirurgie dentaire, orthophonie et autres. Elle est accusée de contourner le numerus clausus - ce système qui réglemente le nombre de professionnels diplômés et donc en activité. On lui reproche alors de recruter des étudiants ayant échoué au concours commun des études de santé, en demandant des frais d'inscription de 9.500 euros par an. Les étudiants effectuent deux premières années en France, puis trois autres au Portugal, où ils seront diplômés de l'université Fernando-Pessoa de Porto. Avant de pouvoir exercer en France, au nom de la reconnaissance automatique des diplômes.
« Arnaque »
La ministre parle d'« escroquerie » et d'« arnaque ». En décembre 2012, le ministère a porté plainte. En mars 2013, le parquet de Toulon a ouvert une information judiciaire. En juillet 2013, la loi sur l'enseignement supérieur a voté un dispositif anti-Pessoa. Et la FSDL a assigné le Clesi en justice pour demander sa fermeture. C'est cette dernière affaire qui vient d'aboutir. Le TGI a débouté la FSDL, au motif que la nouvelle loi n'était pas applicable. La FSDL va faire appel. « On va pouvoir se développer normalement », se réjouit le vice-président du Clesi, Bruno Ravaz, en annonçant de nouvelles formations d'ingénieur, d'architecte, de manager et une autre avec l'université de Londres. Les étudiants pourront suivre à Toulon une formation complète pour devenir avocat au Royaume-Uni.
A moins que la nouvelle initiative du ministère ne provoque encore un rebondissement. Geneviève Fioraso envisage en effet de publier son arrêté début avril. Or, selon le projet de texte que « Les Echos » se sont procuré, l'article 7 donne aux établissements comme le Clesi un délai de « six mois au maximum » pour se mettre en règle avec la loi de juillet 2013, qui réclame des conventions agréées par les ministères avec les établissements de santé et au moins une université.
Or, depuis janvier 2013, le Clesi a perdu sa convention avec le Centre hospitalier de Toulon. Le Clesi s'est créé avant cette loi, argue Bruno Ravaz. « Si la loi n'est pas rétroactive, comme l'a dit le TGI de Toulon, ce n'est pas un arrêté qui va la rendre rétroactive», rétorque-t-il. Le débat n'est pas clos.
Source : Les Echos, 11 mars 2014

Note du CIPPAD: Le Recteur de l’Université Fernando Pessoa, M. Salvato Trigo, cautionne personnellement le développement de la Fasciathérapie et de la Somato-psychopédagogie, méthodes de natures ésotériques inventées par M. Danis Bois.

 

Outre le fait qu’il était rapporteur de la thèse de Mme Hélène Bourhis portant sur la « somato-psychopédagogie », Salvato Trigo faisait également partie du jury d’agrégation de M. Danis Bois, en janvier 2010, à Porto. Agrégation  qui a ensuite permis à ce dernier de devenir professeur de l’Université Fernando Pessoa.

Salvato Trigo, intervient également dans les congrès organisés par M. Danis Bois, disciple du gourou Ram Chandra. Ce fut notamment le cas en mai 2011 lors de la rencontre « Identité, altérité, réciprocité - Pour une approche sensible de la formation, du soin et de l’accompagnement »,  ainsi qu’en octobre 2012 au Congrès « Fascia » de Bruxelles dont il a assuré la clôture de la session plénière.
 
Il convient de rappeler que la Fasciathérapie a été vivement dénoncée dans le Rapport parlementaire fait au nom de la commission d’enquête sur l’influence des mouvements à caractère sectaire dans le domaine de la santé d’avril 2013. Sa pratique constituant une faute disciplinaire au sens des articles R. 4321-123, R. 4231-124 et R. 4321-125 du code de la santé publique.

Pour rappel :

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