mercredi 26 mars 2014

Une réforme des écoles d’ostéopathie en 2014

La réforme des écoles d’ostéopathie (qui ne saurait tarder) prévoit la mise en place d’un nouveau référentiel de formation et une gestion du nombre de diplômés. Les écoles qui ne seront pas agréées devront fermer.
L’ostéopathie est née aux États-Unis en 1874. Mais les normes européennes pour enseigner cette discipline ne datent que de 1990. En France, le titre d’ostéopathe est reconnu seulement depuis mars 2002. En un peu plus de dix ans, les écoles d’ostéopathie ont fleuri. On en dénombre 50 dont 28 en formation initiale en France, alors que le Royaume-Uni a limité leur nombre à une dizaine.
19 000 ostéopathes en exercice
1 519 jeunes sont sortis diplômés entre 2013 etr 2014 des écoles d’ostéopathie, qui accueillent 11 000 étudiants. Quelque 19 000 ostéopathes exercent dans l’hexagone. Et en plus des nouveaux diplômés, de nombreux praticiens sont des professionnels de santé (kiné, infirmière, médecin...) qui ont suivi une formation complémentaire. Le marché est saturé et il est difficile pour un jeune diplômé de se constituer une patientèle. Même si près de 20 millions de Français ont déjà consulté un ostéopathe au cours de leur vie.
Aujourd'hui, 21 874 professionnels sont titulaires du titre d’ostéopathe, dont 12 249 ostéopathes-exclusifs (55 %), 1 724 médecins-ostéopathes (sur 216 762 médecins actifs toutes disciplines confondues*) et 7 539 masseurs-kinésithérapeutes-ostéopathes (sur un total de 75 164 masseurs-kinésithérapeutes diplômés d’Etat) (chiffres de l'ogranisation professionnelle UPO, Unité pour l’ostéopathie).
Des formations de faible qualité
La France compte une cinquantaine d’écoles privées. Elles sont agréées pour une durée de quatre ans. Une trentaine d’établissements ouverts aux non-titulaires d’un diplôme ou certificat ont été agréés pour leur formation initiale en ostéopathie. Une vingtaine d’autres pour leur formation continue destinée aux professionnels de santé. Cela donne une grande hétérogénéité des formations, souvent assorties de frais d’études élevés, entre 7 000 et 8 000 € par an. Par ailleurs, les ostéopathes sortis d’une école non agréée avant 2002 doivent justifier de cinq ans d’expériences consécutives et continues au cours des huit dernières années.
L’Inspection générale des affaires sociales (Igas) dresse un constat sévère sur cette situation et pointe des dysfonctionnements, notamment le dispositif d’agrément des écoles jugé insuffisamment exigeant. Des contrôles montrent la disparité des formations et mettent en évidence la faible qualité de certaines écoles.
Contenu de la formation
Le minimum d'heures d'enseignement est actuellement de 2 660 sur trois ans. Elles se déroulent en 3, 4 ou 5 ans, ce qui correspond au niveau master 1. Certaines écoles ont anticipé cette évolution en proposant depuis plusieurs années, un cursus (de plus) de 5 000 heures en formation initiale. La plupart des enseignants sont des ostéopathes, des médecins et des chercheurs qui se répartissent diverses matières : anatomie, physiologie, pathologie, radiologie, etc.
Pratique clinique encadrée
Une redéfinition des nouveaux agréments est attendue dans les mois à venir. 24 nouveaux critères devraient être dressés. La durée des études sera fixée à 5 ans pour tous avec 4 300 heures de cours dont 1 000 heures de pratique clinique encadrée, comme le recommande l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Par contre, pas question pour les écoles de délivrer un diplôme d’État de niveau Master puisqu’il ne s’agit pas de formations universitaires.
Les syndicats d’ostéopathes dénoncent
Le Syndicat national de l’enseignement supérieur en ostéopathie (Sneso) a lancé un référentiel de formation, intitulé Devenir ostéopathe, agir avec compétence, établi par Jacques Tardif, professeur à l’université de Sherbrooke au Québec. Il pourrait êre une référence à une législation « plus rigoureuse garantissant la qualité des soins, la sécurité du patient et un exercice professionnel pérenne ».
Philippe Sterlingot, président du Syndicat français des ostéopathes (SFDO) qui a participé à la rédaction de ce document, « sur les 74 écoles en France préparant au métier, seule une quinzaine d’établissements forment des praticiens sérieux ».
Source : rubrique Jactiv, Ouest-France, 26 mars 2014,
http://jactiv.ouest-france.fr/job-formation/se-former/ecoles-osteopathie-reforme-formation-2014-29112

Note du CIPPAD : en France, l’impulsion de l’ostéopathie sera donnée en 1913 par Lucien Moutin,  disciple du mage Papus, créateur de l’Ordre Martiniste, avec la publication de l’ouvrage Manuel d’ostéopathie pratique – Théorie et procédés. Il semblerait qu’aujourd’hui encore certains liens entre ces deux domaines puissent subsister.