lundi 7 avril 2014

Berne - Procès en appel du "guérisseur" ayant inoculé le sida

Le guérisseur autoproclamé de 55 ans, condamné l'an passé pour avoir inoculé le virus du sida à 16 personnes, se retrouve devant un tribunal. L'homme a toujours clamé son innocence et fait appel de sa peine de 12 ans et 9 mois de réclusion, assortie d'une détention pour des motifs de sécurité.
Le Tribunal régional de Berne-Mittelland a retenu contre le recourant les charges de lésions corporelles graves et propagation de maladies humaines. Au terme de près de deux semaines de procès en mars 2013, ce guérisseur autoproclamé a également été condamné à payer 100 000 francs d'indemnités à 13 de ses 16 victimes.
"L'accusé et personne d'autre est responsable de l'infection des 16 personnes", avait déclaré le président du tribunal régional lors de la lecture du jugement. Il a expliqué que la cour avait prononcé le verdict de culpabilité en raison des sérieux indices à charge qui pesaient sur le "guérisseur".
Les analyses phylogéniques ont démontré que le virus des victimes avait clairement la même souche. Pour le président du tribunal, il ne fait donc aucun doute que la source de la transmission est la même. Selon toute vraisemblance, la contamination s'est faite au moyen d'une seringue avec du sang infecté.
Intime conviction
Comme l'accusé a toujours proclamé son innocence, le tribunal a dû trancher entre ses déclarations et celles des personnes infectées. Le président a relevé que les déclarations des victimes n'avaient pas varié au cours de l'instruction et qu'elles étaient crédibles. Il a écarté une éventuelle collusion entre parties plaignantes.
Le Ministère public réclamait 15 ans de réclusion. La défense avait plaidé l'acquittement estimant qu'il y avait trop de zones d'ombre. Aucun motif n'est par exemple apparu durant les deux semaines de procès. Quant au guérisseur autoproclamé, il a affirmé être victime d'un complot. Les contaminations ont eu lieu entre 2001 et 2005.
Trois jours pour un appel
Dès ce lundi, la Cour Suprême du canton de Berne doit se pencher sur cette affaire trouble. Elle s'est donné trois jours pour la tirer au clair, mardi étant prévu comme journée de réserve et vendredi pour la publication du jugement.
La Cour Suprême intervient suite à l'appel non seulement du condamné mais aussi du Ministère public. En se joignant à la démarche, le procureur donne la possibilité au tribunal de prononcer une peine à la hauteur de son réquisitoire, sans quoi les juges n'auraient pu revoir la condamnation qu'à la baisse.
Source : Romandie, 7 avril 2014
http://www.romandie.com/news/Proces-en-appel-a-Berne-du-guerisseur-ayant-inocule-le-sida/465539.rom