vendredi 4 avril 2014

Derrière la porte du centre d’études spirites Allan Kardec

Brigitte Plouy a créé voici neuf ans le centre d’études spirites Allan Kardec de Wattrelos. Une trentaine de personnes y adhèrent, s’imprégnant d’une philosophie impliquant réincarnation et dialogue avec les morts. Ça donne quoi quand on pousse la porte ?
C’est un simple site internet qui nous a mis la puce à l’oreille : celui du centre d’études spirites Allan Kardec de Wattrelos, qui affiche plus de 200 000 visiteurs au compteur. En fond, une musique douce. Sur l’écran, un dessin figurant le passage vers la mort, embrumée. Dessous, un texte, signé de la présidente de l’association de loi 1901, Brigitte Plouy. Dans le menu, des rubriques aux noms ésotériques, comme celle dédiée aux messages médiumniques.
Disons-le d’emblée : si le centre d’études spirites Allan Kardec de Wattrelos n’est pas répertorié comme une secte, son objet laisse tout de même perplexe. Brigitte Plouy le reconnaît sans ambages, craignant de passer pour une illuminée. À son côté, l’écrivain wasquehalien Stéphane Allayes, membre de l’association, opine : « Le spiritisme, c’est diabolisé, pourtant, c’était très courant. Le Vatican a interdit officiellement aux catholiques de participer à des séances spirites en 1917. Aujourd’hui, quand vous en parlez, les gens font trois pas en arrière ou un pas en avant... »
« Phénomènes »
Brigitte Plouy, elle, n’a pas eu à se forcer pour rencontrer la philosophie spirite. « J’ai toujours cru en tout ça, dit-elle simplement. J’ai ressenti des phénomènes quand j’étais petite – des sorties astrales, c’est l’esprit qui quitte le corps, ou bien le fait de sentir des présences – mais ça me faisait peur. Il a fallu le deuil d’une personne proche que je n’acceptais pas pour savoir. »
C’était il y a vingt-cinq ans exactement. Brigitte Plouy dit avoir trouvé les réponses à ses questions. Elle a d’abord présidé l’association d’Hénin-Beaumont, puis celle de Bruay-la-Buissière, avant d’en ouvrir une dans sa ville, Wattrelos. Surtout, elle s’est imprégnée de la philosophie d’Allan Kardec, un Lyonnais qui, au XIXe siècle, codifie le spiritisme et couche sur le papier son enseignement, selon lequel les médiums peuvent communiquer avec les morts. À l’époque, le succès est énorme ; aujourd’hui, c’est la religion de millions de Brésiliens... et le frisson assuré pour des jeunes en mal d’expérience inspirés par une industrie cinématographique qui tire sur la ficelle.
Mais concrètement, ça se passe comment ? « Nous avons quatre groupes d’adhérents, selon le niveau de chacun. On étudie la philosophie d’Allan Kardec, on fait du développement médiumnique, pour apprendre à communiquer avec les morts. Et puis il y a la transcommunication instrumentale – on enregistre les voix de personnes décédées –, l’écriture automatique et intuitive, le travail sur les dessins et les photos. »
Il en coûte 50 € par an aux adhérents, donnant droit à un prix préférentiel pour les conférences mensuelles. Rationnelle, on aimerait tester, pour pouvoir témoigner... et se faire un peu peur ! Mais pour seule preuve, vendredi soir dernier, une photo noir et blanc où l’on devine au moins deux visages. « Moi, j’en vois bien plus », glisse la présidente.
Elle nous indique que la médiumnité est présente chez les enfants de moins de sept ans, mais qu’elle peut se développer en- suite par un travail expérimental, un choc, une maladie. La mienne est restée éteinte. Même si le discours est grandement tentant.
PAR PERRINE DIEVAL
Source : La Voix du Nord, 3 avril 2014,
http://www.lavoixdunord.fr/region/wattrelos-derriere-la-porte-du-centre-d-etudes-ia24b0n2041884