dimanche 6 avril 2014

Dijon - Jugement lundi pour le viticulteur bio qui a refusé de traiter ses vignes

Le tribunal de grande instance de Dijon rend lundi sa décision à l'encontre d'un viticulteur bio de Côte-d'Or refusant de traiter ses ceps contre une maladie, la flavescence dorée, l'affaire ayant beaucoup secoué la profession.
A l'audience du 24 février, une amende de 1.000 euros, pour moitié avec sursis, avait été requise contre Emmanuel Giboulot, qui exploite dix hectares en Côte-de-Beaune et Haute-Côte-de-Nuits en biodynamie.
La représentante du parquet, Jeanne Delatronchette, avait fustigé le non-respect « par choix idéologique » de l'arrêté préfectoral imposant de traiter, en 2013, les vignes de Côte-d'Or contre la flavescence dorée. Cette maladie mortelle et très contagieuse, apparue en 1949 en Armagnac (sud-ouest), touche presque tout le vignoble français après s'être fortement développée depuis une dizaine d'années, selon les autorités sanitaires. Un important foyer avait été découvert en Saône- et-Loire en 2011, entraînant en Bourgogne l'arrachage de 11 hectares de vignes en 2012 puis 0,2 ha en 2013.
Devant le tribunal, l'avocat du vigneron, Me Benoist Busson, avait plaidé la relaxe, dénonçant un principe de précaution « complètement dévoyé ». Soutenu par les écologistes, Emmanuel Giboulot a en revanche trouvé peu d'appui au sein de la profession viticole - y compris dans la filière bio - pour qui l'affaire donnait une mauvaise image de la Bourgogne. « Je trouve cela dommage car c'est une chance pour la Bourgogne qu'il y ait ce débat-là », rétorque le vigneron.
Selon le directeur régional de l'Alimentation et de l'Agriculture, Jean-Roch Gaillet, les mesures de traitement avaient été prises « en accord total avec la profession, y compris la filière bio ». « Dans les communes voisines, à Pommard, à Volnay, à Saint-Aubin, à Meursault, on a trouvé de la flavescence dorée » et « il n'y a que Giboulot qui n'ait pas traité. Ce qui compte, c'est qu'il y ait une condamnation », avait estimé Jean-Roch Gaillet au moment du procès.
Dans le Rhône, un arrêté préfectoral a été pris le 4 mars pour organiser la lutte contre la flavescence dorée dans le Beaujolais, imposant des traitements dans les zones concernées.
Source : AFP, 6 avril 2014

Note du CIPPAD : la Biodynamie ne repose sur aucun fait établi, mais sur les croyances ésotériques de l’anthroposophe Rudolph Steiner. 
A consulter également: Quand Rudolf Steiner expliquait des phénomènes qui n’existent pas.