samedi 12 avril 2014

Hypnose et souvenirs - Près de 40 000 fichiers pédophiles dans son ordinateur

C'est suite à un accident vasculaire, suivi de séances d'hypnose, que ce pédophile dit avoir cédé aux démons surgis de son passé...
L'élément déclencheur du mal du prévenu, mis en examen pour diffusion d'images pornographiques de mineurs est, selon lui, un accident cardio-vasculaire... Un incident de parcours qui va faire remonter du passé des souvenirs non avouables et jamais avoués.
L'homme est né à Bordeaux en 1963, et a été abusé par son grand-père maternel, sans que sa mère n'ose jamais rien dire. Aucun événement, ni la mort prématurée d'un père militaire alors qu'il est adolescent, ni le fait d'être à son tour père d'une enfant, ne parviendront à exorciser le drame.
Lorsqu'en 2007, le prévenu fait un AVC, il a recours, entre autres thérapies, à des séances d'hypnoses qui vont actionner le levier du cauchemar qui commence. Le prévenu reconnaît le «circuit de la haine», le besoin de «me venger; de revivre ce que j'ai vécu dans mon enfance».
Divorce
«36 763 fichiers ont transité par votre ordinateur, dont 79 vidéos, révélant des adolescents ou des bébés, en positions pornographiques», explique la présidente du tribunal face à ce patron d'une entreprise florissante, qui affiche des revenus très confortables.
En août 2008, sa femme le surprend en conversation avec une jeune fille et une première dispute éclate, qui finira par une rupture. Puis en novembre 2012, le prévenu tente de se suicider, tentative qui intervient autour d'une perquisition qui a lieu à son domicile et qui sera reconduite l'année d'après. Le prévenu se met à utiliser l'ordinateur et MSN comme une «échappatoire, ou comme un acte d'auto-mutilation», soutient-il.
Dépressif et responsable
Le tribunal a du mal à entendre cette «déresponsabilisation» autour de l'AVC. «La relation auteur- victime est très complexe, mais vous parlez beaucoup de vous». La présidente enchaîne sur la lecture des conversations sur MSN, dans lesquelles «vous parlez de façon très très crue de vos projets avec ces enfants», et encore de la «jouissance cérébrale que ce genre de conversation vous procure». Elle rappelle que derrière chaque image pornographique, il y a «un viol commis sur mineur».
Le suivi psychiatrique et médical du prévenu relève un «caractère névrotique qui a peu de faculté d'empathie avec ses victimes, notamment du fait des abus dont il a lui-même été victime enfant». Il souligne encore «l'entière responsabilité pénale du patient dont l'état dépressif est en voie de stabilité».
Le procureur à son tour, dénonce «le sentiment d'impunité de celui qui regarde en cachette, à l'abri, chez lui, ces photos, pour qu'il comprenne que c'est la fin d'un horrible huis clos»...
Le tribunal l'entend, qui condamne le prévenu à 30 mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve pendant 3 ans, assortie d'une interdiction de côtoyer des mineurs, sauf sa fille. Il figure désormais au fichier des délinquants sexuels, mais cette condamnation ne figurera pas sur son casier judiciaire.
Source : Le Pays Malouin, 10 avril 2014