mercredi 16 avril 2014

RYE – Des cours de yoga dès l'âge de 4 ans

Asnières, 4 avril. L'association Recherche sur le yoga dans l'éducation bénéficie d'un agrément de
l'Éducation nationale, depuis l'été dernier, lui permettant de former environ 150 enseignants par an. (LP/F.D.)
Contre toute attente, c'est un cours de yoga qui a commencé par une petite dispute. Qui de Stella ou Nesrine, 12 ans à elles deux, allait laisser l'autre s'installer sur le tapis bleu ? Depuis la rentrée, à Asnières, les deux petites filles et d'autres enfants suivent les cours de Kidzenyoga, une association spécialisée de yoga pour les plus jeunes, créée il y a trois ans.
Chaque vendredi après l'école, Annick Menuet, professeur agréée, les réunit à l'école maternelle Révérend Père Christian Gilbert. Pendant une heure environ, autour de tapis disposés en étoile, ils suivent exercices de concentration et de relaxation. « Vous allez marcher sur les rebords des tapis, comme si vous étiez des funambules », leur souffle Annick. Un cours de yoga « classique »... à l'exception des réactions spontanées de ses petits élèves... « Regarde maîtresse, je fais comme le funambule », interpelle fièrement Titouan, 4 ans et demi, le seul garçon du groupe, vêtu d'un t-shirt « King of the court ». « C’est bien Titouan, concentre-toi », lui répond doucement l'enseignante. L'exercice se décline ensuite en marchant à l'envers, puis les yeux fermés... « Ca m'a fait du bien partout », résume Titouan, le cours terminé. « Ah ça, c'est sûr, elle est plus calme le vendredi soir », renchérit la mère d'Emma, 6 ans.
Le « bienfait » qu'elle retire elle-même du yoga, Annick Menuet a décidé de le transmettre aux plus petits. « La grosse difficulté, c'est évidemment leur besoin de bouger, explique-t-elle. Car le yoga tend à l'inverse : il faut donc réussir à les faire ralentir ». Pour elle et pour Olivia Guillot-Paul, la présidente de Kidzenyoga, le yoga devrait être enseigné aux enfants tout autant que d'autres disciplines, désormais considérées comme « classiques », car les bienfaits en classe, constatent-elles, sont évidents. « Aux États-Unis, en Angleterre, en Espagne, les enfants font du yoga à l'école, explique Olivia Guillot-Paul. Mais pas ici, alors nous sommes en quelque sorte des précurseurs. En France, il existe encore une mauvaise perception du yoga, à tel point que certains soupçonnent des déviances religieuses. Les valeurs du yoga sont tolérance et respect mais aussi anti-course, anti-concurrence. Découvrir ça quand on est enfant, assure-t-elle, c'est pouvoir en bénéficier toute sa vie ».
Depuis l'été dernier, l'association Recherche sur le yoga dans l'éducation (RYE), où a été formée Annick Menuet, bénéficie d'un agrément de l'Education nationale. L'association ne peut pas intervenir directement en classe. Mais elle peut désormais former des enseignants.
Fanny Delporte
Source : Le Parisien, 16 avril 2014
Note du CIPPAD : Il est pour le moins étonnant que la RYE, faux–nez d’un yoga lié à une dévotion, et qui se targue d’avoir obtenu son agrément auprès de l’Education nationale par entregent, puisse continuer de pénétrer le système éducatif auprès des enfants les plus jeunes.