samedi 3 mai 2014

Auto-guérison et Bouddhisme tantrique - La voie de Shamatha

À Menla Ling, « Le Jardin du Bouddha de Médecine » propose des initiations au bouddhisme et des retraites ouverts à tous.
Paix intérieure
Du jeudi 1er mai (10 h) au dimanche 4 mai (17 h), le monastère tibétain accueille une retraite de Shamatha. « Un mot sanskrit que l'on traduit par calme mental, Shamatha signifie demeurer en paix », décrypte Sofia Stril-Rever, la responsable du « sanctuaire de la vie naturelle en vallée de l'Eure ».
Phakyab Rinpoché, abbé des monastères d'Ashi, de Lithang et de Golok au Tibet oriental transmet son expérience vécue dans un programme original des « Sciences internes de la guérison ». Il participe à des protocoles de recherche internationaux à l'Université de New York sur les « bienfaits thérapeutiques de la méditation ».
Le maître bouddhiste, « nous enseigne à observer et reconnaître les mouvements de notre mental tout en coupant le film des projections qui nous éloignent de la réalité. La voie de Shamatha apprend à faire la paix avec soi-même et avec les autres », informe Sofia Stril-Rever. « Plus que le simple apprentissage d'une méthode de méditation, ces quatre jours sont l'introduction à une expérience profonde de stabilité et de paix intérieure ».
Régime sec
Autre initiation, du jeudi 8 mai (10 h) au dimanche 11 mai (14 h) avec « Vivre la compassion inconditionnelle » guidée par Phakyab Rinpoché. Elle sera suivie d'une retraite de Nyung Ne, « une pratique intensive de purification des karmas négatifs », sur trois jours consécutifs. « Le 2e jour, nous prendrons le vœu de ne pas manger ni boire ni parler pendant 24 heures. Cela sera la partie la plus difficile de cette retraite où nous éprouverons la faim, la soif, la fatigue ».
Source : Eure Infos, Pacy-sur-Eure, Breuilpont, 29 avril 2014

Note du CIPPAD : Revenons un instant sur le parcours de Phakyab Rinpoché, « Boudha de Médecine » et adepte des « Sciences internes de la guérison », compétences  généralement mises en avant pour le présenter aux USA, pays où il a résidé plusieurs années.

Arrivé à New-York comme immigrant, en 2003, souffrant d’une tuberculose osseuse touchant la colonne vertébrale, et d’un diabète avec un pied gangréné, les médecins américains préconisaient alors une amputation, jusqu’à ce qu’il ne reçoive un courrier du Dalaï-Lama lui recommandant de pratiquer la méditation d’auto-guérison dite du « Tsa Lung », afin d’éviter  l’amputation envisagée (tout en poursuivant son hospitalisation).

Le « Lung » est un concept clef des traditions Vajrayana du bouddhisme tantrique, voisin du culte controversé du Shivaïsme cachemirien.

Les praticiens de la méditation Tsa Lung visualiseraient une respiration, qui s’unissant à leur esprit, va se diriger vers le canal central de leur corps, éliminant les blocages et les impuretés avant de rejoindre des canaux de plus en plus petits...

Fort de cette expérience, Phakyab Rinpoché enseigne depuis une dévotion au culte tantrique de Vajrasattva, soutenue par la répétition d’un mantra aux 100 syllabes, qu’il considère comme l’une des méthodes les plus puissantes de purification et de transformation intérieure. L’invocation de Vajrasattva pouvant donc être employée pour l’auto-guérison.

Mme Stril-Rever, qui assiste et traduit les conférences de M. Phakyab Rinpoché, n’hésite pas à franchir le pas pour parler des pouvoirs de guérison de la Mantrathérapie :
 

Les retraites proposées s’inscrivent dans le programme « Vivre la Paix et la Guérison Intérieure » enseigné par Phakyab Rinpoché.

Différentes documentations et sites précisent actuellement que « Phakyab Rinpoché a décidé de transmettre son expérience vécue à travers un programme de trois ans », et d’avril à novembre 2014 est programmée en France une série de conférences aux titres évocateurs, comme « L’expérience de la guérison ultime » ou bien  « Guérir par la méditation ». 

Notons aussi que cette dernière réunion se déroulera à Paris au Forum 104, lieu connu pour organiser « des sessions de formation et de séminaires autour de certaines pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique. Certaines de ces sessions étaient organisées par des personnes défavorablement connues de la Miviludes. Les méthodes présentées au grand public peuvent être d’une efficacité redoutable dans le processus d’emprise mentale et peuvent conduire dans certains cas à l’arrêt des traitements conventionnels entraînant une véritable perte de chance. ».
 
La promotion de l’auto-guérison par Phakyab Rinpoché semble pour le moins curieuse, voire possiblement problématique ?