lundi 5 mai 2014

Coaching - « Les limites de l'intelligence émotionnelle »

L'intelligence émotionnelle, promue par le psychologue Daniel Goleman, a pris ses quartiers au sein des organisations. La « capacité à identifier et contrôler ses émotions, celles des autres et d'un groupe » est en effet reconnue pour favoriser de meilleures collaborations au travail. Toutefois, dans une tribune au « Wall Street Journal », Gianpiero Petriglieri, professeur à l'Insead, pointe ce qu'il appelle la « romance corporate » avec les émotions. D'après lui, les entreprises les réduiraient à de pures réactions ou menaces à dompter à coups de discipline ou encore à des atouts à déployer avec tactique. Problème : les émotions sont constitutives de notre complexité. Elles parlent de notre histoire, de notre monde intérieur et de notre place dans l'organisation. Et donnent du sens. Impossible de les aborder autrement que d'une façon systémique et holistique, estime Gianpiero Petriglieri.
Écrit par Muriel JASOR mjasor@lesechos.fr
Source : Les Echos, Business, 5 mai 2014,
http://business.lesechos.fr/directions-generales/gouvernance/0203470769970-les-limites-de-l-intelligence-emotionnelle-63379.php
& http://blogs.wsj.com/experts/2014/04/28/the-limits-of-emotional-intelligence/

Note du CIPPAD : L’Intelligence Émotionnelle, au même titre d’ailleurs que la Méditation de pleine conscience, est utilisée par le secteur managérial pour réduire, en autres, les réactions individuelles des employés, tant dans les sociétés que les administrations.

Le concept de Daniel GOLEMAN peut être poussé à ses extrêmes et être un outil très sélectif, comme le CIPPAD a pu le constater suite à plusieurs témoignages concordants recueillis auprès de cadres d’une société rachetée par une multinationale américaine. Ce concept d’Intelligence Émotionnelle avait été utilisé pour redéfinir l’organigramme de cette société. Des responsables ont été déclassés après des entretiens basés sur des grilles d’évaluations comportementales sans tenir compte de leurs qualités et expériences professionnelles. Cette refonte brutale a occasionné de nombreux départs et plusieurs dépressions. Dans cette société, les ouvrages de Daniel GOLEMAN sur l’Intelligence Émotionnelle était vivement conseillés et mis à disposition auprès du personnel.  

Dans un autre témoignage, la lecture du premier tome de Daniel GOLEMAN sur l’intelligence Émotionnelle aurait permis à une jeune mère de famille de comprendre « comment fonctionnait son mari ». Focalisée sur ce qu’elle estimait être des « défauts » de celui-ci qu’elle découvrait, surlignant de nombreux textes de ce livre, elle finit par divorcer, emmenant leur enfant.

Avant de créer le concept d’Intelligence Emotionnelle Daniel Goleman a été un proche collaborateur de Katleen Speeth, l’une des principaux responsables des écoles de manipulation Gurdjieff. Ensemble ils publieront l’ouvrage intitulé The essential psychotérapies. De son côté, dès 1977, Daniel Goleman écrira The Varieties of Meditative Experience, réédité ensuite sous le nom de The Meditative Mind. Dédié à différentes pratiques de méditations, le plus souvent controversées, plusieurs passages de ce livre font également la promotion des travaux du mage George Gurdjieff et de la quatrième voie. Un rapide coup d’oeil sur le tableau extrait d’un article intitulé The Bouddha on meditation and states of consiousness qu'il publia dans les années 70, permet de se faire une première idée de sa mystique. 

En réponse aux dommages induits par l’introduction de l’Intelligence Emotionnelle dans le secteur managérial, Kevin Murphy éditera en 2006 l’ouvrage intitulé Une critique de l’Intelligence Emotionnelle : quels sont les problèmes et comment peuvent-ils être réparés ? (A Critique of Emotional Intelligence: What Are the Problems and How Can They Be Fixed ? ).