jeudi 29 mai 2014

Le psychiatre condamné à 12 ans pour viols et agressions sexuelles par les assises du Gard

Jusqu’au bout, Bernard Calamy a contesté avoir, entre 2001 et 2007, commis des viols sur ses victimes, alors qu’elles étaient âgées de 9, 10 et 20 ans. S’il admet les agressions sexuelles, c’est qu’il sait qu’il n’encourt pour ces délits que 10 ans de peine maximum contre 20 ans de réclusion pour des actes de pénétration.
Un bémol sur l’exécution de sa peine
L’avocat général a, à l’aube du troisième jour d’audience où comparaissait le psychiatre de Sauve, requis 12 ans de réclusion en mettant un bémol sur l’exécution de cette peine, vu son grand âge (76 ans, NDLR). Les dispositions du Code de procédure pénale prévoient qu’il pourra très rapidement prétendre à une libération conditionnelle.
"Elles étaient sous sa dépendance. Il leur imposait la loi du silence" Serge Cavaillez, avocat général
Serge Cavaillez, pour asseoir ses réquisitions, insiste sur la multiplicité des faits et la vulnérabilité des victimes. "Compte tenu de leur âge ou de leur état mental, elles étaient sous sa dépendance. Il leur imposait la loi du silence." Violeur et sadique, selon le représentant de l’accusation, qui rappelle que, à Durfort où il exerçait en fin de carrière, Bernard Calamy donnait des fessées à ses "adeptes" quand elles ne respectaient pas ses prescriptions.
"Ce n’est pas un gourou"
Me Alexandre Berteigne, avocat de Bernard Calamy
Emboîtant le pas à leur client, les avocats de la défense plaident l’acquittement concernant les viols. "La parole de l’enfant est sacrée jusqu’à un certain point. L’avocat général n’a pas établi la matérialité des faits." Me Célestine Bifeck, avec beaucoup de conviction et de minutie, rejette les accusations des victimes. "Pour l’une des victimes, l’hymen est intact. Le médecin qui l’a examinée exclut toute pénétration, y compris digitale ." Même mission pour Me Alexandre Berteigne qui met l’accent sur le profil très particulier de l’accusé : "Un vieil homme mais un psychiatre, donc coupable car capable de manipuler. Certes, il n’est pas banal, pas formaté, son parcours est atypique. Il a passé sa vie à sortir des toxicomanes du fossé... Ce n’est pas un gourou."
"Expériences entre adultes consentants "
Me Alexandre Berteigne, avocat de Bernard Calamy
À propos des rapports sexuels proposés durant les séances de yoga, l’avocat s’insurge : "Il s’agit d’expériences entre adultes consentants dans une communauté post-soixante-huitarde", avant d’admettre pour Bernard Calamy le seul statut d’éventuel "chef de harem", tout au plus.
Les jurés n’ont pas été de cet avis. Ils ont condamné Calamy à douze ans de réclusion pour l’ensemble des faits qui lui étaient reprochés.
Mercredi soir, le psychiatre, qui n’avait jusqu’alors pas accompli de jour de prison, a été conduit à la maison d’arrêt.
DOMYNIQUE AZÉMA

Source : Midi Libre, 29 mai 2014,
http://www.midilibre.fr/2014/05/29/12-ans-de-reclusion-pour-le-psychiatre-de-sauve,867440.php