vendredi 16 mai 2014

Montpellier - Couacs et visite annulée pour Leonetti

Hier, le député à l'origine de la loi sur la fin de vie était attendu aux soins palliatifs du CHU, puis en conférence. Il a renoncé.
Il aurait sans doute été question de Vincent Lambert, des engagements du président Hollande pour changer la loi sur la fin de vie, et c’est une oreille attentive qui aurait entendu les soignants l’après-midi, une voix respectée
qui aurait débattu le soir avec le public. Las. Prévue de longue date, hier, la venue à Montpellier de Jean Leonetti, rapporteur de la loi sur la fin de
vie, autour d’une visite à l’équipe des soins palliatifs du CHU et d’une
conférence à la faculté de médecine a été annulée au dernier moment.
"Très embêté", le doyen de la faculté de médecine Jacques Bringer, a appelé lui-même le député-maire d’Antibes dans la matinée.
Il y avait trop d’éléments concordants pour ne pas considérer qu’on avait affaire à un problème sérieux
En cause : l’organisateur de la soirée, le centre éthique international, basé à Montpellier, dirigé par Fanny Abadi. "J’ai été alerté la veille par les autorités publiques, il y avait trop d’éléments concordants pour ne pas considérer qu’on avait affaire à un problème sérieux. J’ai voulu protéger la faculté de médecine contre la confusion des genres, le flou identitaire, les objectifs du centre... J’ai estimé qu’on n’avait pas de garanties suffisantes sur la finalité, la transparence, les engagements des organisateurs", affirme le doyen, qui avait initialement "donné son accord eu égard à la qualité et la notoriété des intervenants".
Outre Jean Leonetti, retranché derrière le commentaire laconique de son attaché parlementaire, "Il n’y a pas de débat", les Montpelliérains Josyane Chevallier, responsable des soins palliatifs du CHU, l’universitaire François Vialla.
" J’ai estimé qu’on n’avait pas de garanties suffisantes sur la finalité, la transparence, les engagements des organisateurs", affirme le doyen
En fait, le signalement est parti du diocèse montpelliérain, très vite relayé par le renseignement territorial, la nouvelle appellation des “RG”, qui, tout comme la Miviludes, suit l’évolution de Fanny Abadi depuis son installation dans la région en 2005. L’entourage du député Leonetti et de la faculté a été sensibilisé sur la personnalité controversée de celle qui fut coach mental de la sprinteuse Christine Arron. Ses détracteurs voient en elle une "gourelle" - féminin de gourou, donc - et son centre éthique comme un "groupuscule sectaire" basé sur des médecines parallèles conduisant à des emprises mentales et financières.
"Ce n’est pas la première fois que je fais l’objet de suspicions, c’est incroyable ! Je n’ai rien à voir avec une secte", se défend l’intéressée, qui se présente comme une "thérapeute" et une "analyste", à la tête de deux écoles qui forment "managers et professionnels de santé" jusqu’à Paris et Casablanca. Elle déplore "les pressions" imposées aux conférenciers. Pour elle, "le sujet traité dérange". Hier, il était question des "perspectives éthiques de la loi sur la fin de vie". Plus globalement, pour le centre éthique international, d’un "chemin vers l’écologie humaine".
SOPHIE GUIRAUD et YANICK PHILIPPONNAT

Source : Midi Libre, 14 mai 2014,
http://www.midilibre.fr/2014/05/14/couacs-et-visite-annulee-pour-leonetti-a-montpellier,860513.php