jeudi 1 mai 2014

Point de vue de l'Ordre - La laïcité, pilier d'une médecine 
de qualité

« Les appellations Hôtel-Dieu, Saint-André ou Saint-Joseph, montrent bien que les religieux jouaient un rôle capital dans les soins apportés à ceux qui remettaient leur âme à Dieu faute de croire à une hypothétique guérison entre les mains des hommes... La loi de 1905, séparant les intérêts de l'Église et ceux de l'État, a érigé la laïcité en "pacte républicain", ce principe de neutralité qui est en harmonie avec les obligations déontologiques des médecins, dans le plus grand respect de l'article 7 de leur code. Et c'est bien ce que les soignants font
au quotidien, distribuant leurs soins sans aucune discrimination, et s'exposant à des sanctions au cas où ils contreviendraient
à l'énoncé de règles qui remontent au serment d'Hippocrate. Cette exigence de laïcité s'étend à tout le personnel soignant ou intervenant dans les établissements.
Face à leurs devoirs de neutralité absolue, les médecins sont en droit d'attendre des patients et de leurs visiteurs qu'ils respectent eux aussi des règles établies tant dans les règlements q u e dans la charte du patient, et qu'ils n'opposent pas à l'offre de soins des exigences liées à des convictions personnelles ou religieuses susceptibles d'entraver la bonne marche d'un établissement de santé. Le patient doit voir ses droits reconnus :droit d'être informé, de participer à l'exercice de son culte, de bénéficier de l'assistance d'un ministre du culte souvent présent dans les grands établissements, d'être entendu et compris lorsque les circonstances le nécessitent, lorsque l'intime doit être protégé... Mais tout en préservant la « res publica », sans porter atteinte à la qualité des
soins, à la tranquillité de chacun, au fonctionnement régulier du service. Le libre choix du patient doit enfin s'inscrire dans les seules possibilités de l'offre locale de soins.
La qualité de l'écoute, la pertinence d'une information claire, loyale et surtout appropriée, l'empathie manifestée par
le soignant évitera la plupart du temps ces situations rares, désolantes, médiatisées et qui ne sauraient être tolérées.
La laïcité, ensemble de droits et de devoirs permettant le "vivre ensemble", doit être sans cesse réaffirmée. C'est l'un des piliers incontournables d'une médecine de qualité au service de tous. »
Dr Jean-Marie Faroudja,
Conseiller national de l'Ordre et président
de la section éthique et déontologie du Cnom.

Source : Extrait du dossier Laïcité : comment concilier pratique médicale et religion?, Médecins, Bulletin d’information de l’Ordre national des médecins, n°31, septembre-octobre 2013,
http://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/cn_bulletin/medecins31_1.pdf