samedi 28 juin 2014

Namur - Le père Samuel joue la montre

La Cour de cassation a rejeté le pourvoi du père Samuel, qui plaidait la violation du droit à un procès équitable.
Charles Clément Boniface Ozdemir, alias Père
Samuel, n’est pas défendu par n’importe qui: pas
moins de quatre avocats, Mes Julien Pierre, Michel Graindorge, Michel Hubert et Vincent Dusaucy, pour faire valoir son bon droit. Tant il est vrai que la volée d’inculpations délivrées en novembre 2008 en cause du prêtre rebelle et d’autres, au terme de plus de 13 heures de garde à vue, a de quoi faire frémir. Il y est question d’escroqueries, d’abus de confiance, d’abus de biens sociaux, de faux et usages de faux, exercice illégal de l’art de guérir, de violation du secret professionnel, de célébrations illégales de mariages, d’attentats à la pudeur, de viol, de harcèlements, de vols, d’organisation criminelle, de blanchiment et de recel. On a déjà vu plus futile!
L’inculpé, né à Midyat, en Turquie, le 1er janvier 1942, se défend bec et ongles sur chaque chef d’inculpation et il affirme que ce sont des jaloux qui veulent abattre son œuvre bienfaitrice et désintéressée. Mais ceci relèvera du débat de fond. Car, depuis le début pratiquement, ses conseils jouent la procédure. En effet, en février 2010, le procureur du roi de Charleroi traçait déjà ses réquisitions pour réclamer le renvoi des inculpés devant le tribunal correctionnel. Et, déjà à cette époque, les avocats avaient enrayé la procédure en réclamant 17 devoirs complémentaires avec l’audition de plus de 300 témoins!
Toujours des jaloux!
Le «padre» obtiendra 7 devoirs complémentaires. En février 2013, le ministère public tracera un nouveau réquisitoire de renvoi, un rien actualisé. L’affaire était fixée à la chambre du conseil du 13 mai 2013. Mais, trois jours plus tôt, l’invincible armada a déposé une nouvelle demande de 32 devoirs complémentaires. Une demande rejetée deux semaines plus tard. Appel devant la chambre des mises en accusation de Mons, qui a confirmé la première décision le 24 décembre.
Mais, comme de bien entendu, le saint homme s’est tourné vers plus haut, la Cour de cassation, invoquant notamment la violation du droit à un procès équitable. Ce pourvoi vient lui aussi d’être rejeté. Autre chose en magasin avant le renvoi correctionnel?
Jean-Pierre DE STAERCKE
Source : L’avenir, 27 juin 2014,
http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20140626_00496242