mercredi 18 juin 2014

Soufisme - SENGHOR MOURRA DEUX FOIS

Au Sénégal, la laïcité n'est plus. Après le tristement célèbre baisemain de l'ancien président Abdoulaye Wade au calife de la secte mouride, Macky Sali, lui, a carrément promis un statut spécial à la confrérie religieuse. Ainsi, après avoir obtenu que le jour du Magal, le pèlerinage annuel mouride, soit déclaré férié, les membres de la puissante communauté
caressent l'espoir de fonder leur petit califat autonome au cœur de la République laïque du Sénégal. Touba, la ville sainte mouride, située à 194 km à l'est de Dakar, bénéficie déjà d'innombrables passe- droits. Si ses routes y sont mieux goudronnées qu'ailleurs dans le pays, et que ses habitants jouissent des lumières de l'éclairage public, rare privilège au Sénégal, la ville est également la seule qui présente une liste électorale non paritaire, contrairement à ce qu'exige la législation sénégalaise. « Que toutes les associations ou autres commentateurs se le tiennent pour dit. Chez nous, les femmes et les hommes ne partagent pas le même milieu.
Par conséquent, la question de la parité ne se pose pas ici », a déclaré un dignitaire mouride au site dakaractu.com. Pour lui, rien n'empêchera le statut spécial de Touba, déjà réel dans les faits, de prendre une forme juridique, au grand mépris de la Constitution sénégalaise.
D'ailleurs, le vice-président de l'Assemblée nationale serait, semble-t-il, sur le départ, et ce, pour s'être ouvertement opposé à la naissance du royaume de Touba. Senghor peut se retourner dans sa tombe.
Zineb El Rhazoui
Source : Charlie Hebdo, 18 juin 2014