lundi 30 juin 2014

Vente pyramidale - les curieuses méthodes d'un fournisseur italien

Dans les bureaux de l'association malouine de défense des consommateurs CLCV, « enI » est le dossier du moment
Des équipes commerciales du fournisseur de gaz Eni arpentent le pays de St-Malo depuis deux mois. Leurs méthodes de vente sont jugées agressives et trompeuses.
« Une bonne vingtaine de personnes nous ont appelés pour s'en plaindre. Pour nous, c'est énorme de recueillir autant de témoignages sur un même sujet en si peu de temps ». Dans les bureaux de l'association malouine de défense des consommateurs CLCV, « ENI » est le dossier du moment, « avec les arnaques aux panneaux photovoltaïques ». Depuis deux mois, les équipes commerciales du distributeur de gaz italien arpentent en long et large le pays de St-Malo, à la recherche de nouveaux clients.
Depuis 2007, le marché du gaz n'est plus sous le monopole d'EDF. Cette ouverture à la concurrence a fait émerger de nouveaux distributeurs sur le sol français. Parmi ces nouveaux « gaziers » donc, feu Altergaz, devenu ENI, qui pour augmenter sa clientèle, a recours au démarchage à domicile. Une stratégie qui semble plutôt bien fonctionner puisque ENI est devenu le troisième fournisseur de gaz en nombre de clients en France en 2013, derrière GDF-Suez et EDF et à quasi-égalité avec Direct Énergie.
« Ils se présentent comme des agents de Gaz de France »
Mais c'est une stratégie qui agace aussi. D'ailleurs, un simple coup d'œil sur Internet suffit à constater l'amoncellement de critiques à l'encontre des méthodes commerciales d'ENI. Ce n'est pas à la CLCV du pays de St-Malo qu'on vous dira le contraire. « Ils se présentent à votre porte comme des agents de « Gaz de France » venant faire valider des factures à la baisse. C'est du démarchage trompeur, voire de l'usurpation d'identité », dénonce Frédérique Rosenblieh, secrétaire à la CLCV. « Ils sont prêts à tout pour rentrer chez vous car c'est ça le plus important. Une fois à l'intérieur, il leur est facile au moyen de techniques commerciales bien rôdées de sortir avec une signature », appuie Louisette Foligné, la présidente de la CLCV.
Sans juger de la nature même du contrat, la CLCV s'indigne de ces méthodes. « Ils ont réussi à faire signer un monsieur qui sait à peine lire et ne sait pas du tout écrire. Ils ont bien vu qu'il était analphabète. En droit, on appelle ça de l'abus de faiblesse caractérisé », s'insurge Frédérique Rosenblieh.
Des mairies du secteur, notamment du côté de Cancale, ont également contacté la CLCV « pour signaler le démarchage de gens sous curatelle ». D'autres plaignants se disant même « terrorisés » évoquent des méthodes de vente « pressantes » et « agressives ».
Contacté par le CLCV le 15 mai dernier, le siège français d'ENI, basé à Levallois-Perret, aurait promis « de faire cesser » ces façons de faire de ses commerciaux indélicats. Un mois plus tard, les plaintes sur ces curieuses méthodes continuent pourtant de se faire entendre sur St-Malo et sa région.
Samuel SAUNEUF

Source : Le Pays Malouin, 26 juin 2014