lundi 30 juin 2014

Vente pyramidale - Victime d'un “abus de faiblesse”

Le 11 septembre est une date gravée dans les esprits. Pour Christine (1), il s'agit du 11 septembre 2012. Après un premier démarchage téléphonique, un commercial entre dans sa maison située dans un quartier paisible de Vitré. « Nous avons signé pour des panneaux photovoltaïques et des éoliennes », raconte la Vitréenne de 51 ans.
Elle en rediscute avec son mari et, le couple, qui n'a « pas trop confiance » en cet individu au tutoiement facile, décide d'envoyer, dans les temps, une lettre de rétractation. « Le soir même ils sont revenus démarcher et on a resigné un deuxième contrat. »
Un contrat de 24 000 euros


La société fait ensuite une demande d'autorisation à la mairie, cette dernière refusant la pose d'une éolienne. « Cela m'arrangeait, je me suis dit que c'était fini », croit alors Christine. Il en faut plus pour décourager le commercial aux méthodes bien rôdées, qui sonne une troisième fois à la porte le 16 novembre. Il propose alors de remplacer l'éolienne par un ballon thermodynamique. Christine resigne pour la somme de 24 000 euros. « Mon mari venait de se faire hospitaliser. J'avais d'autres préoccupations à ce moment-là. Car ce n'est pas dans mes habitudes de me faire avoir de la sorte. »
« Ne pas culpabiliser de s'être fait embobiner »
Pour Rémy, bénévole à l'UFC-Que Choisir, Christine a été victime d'un « abus de faiblesse ». L'association, qui prend ce dossier « très à cœur » rappelle à ceux qui sont dans le même cas de « ne pas culpabiliser de s'être fait embobiner ». Le mari de Christine décède en novembre 2013. « Je me suis retrouvée avec un crédit sur les bras. » Un crédit de 240 euros par mois qu'elle a commencé à payer en juillet 2013 alors qu'elle ne touchera sa première facture de production d'électricité qu'en octobre 2014 !
De plus, cette facture, estimée par le commercial entre 2000 et 3000 euros par an, a aujourd'hui été évaluée à 1 000 euros seulement. Mais ce n'est pas tout. Les 12 panneaux n'ont pas été posés dans les règles de l'art. Si bien que la toiture de la maison se dégrade. Et évidemment, du côté de la société mise en cause, « plus personne ne répond au téléphone ».
Une procédure est en cours pour que le juge prononce une suspension des échéances du crédit. Christine sera fixée en septembre. En espérant ensuite la demande d'annulation du crédit et l'effacement des dettes. Mais le jugement définitif n'interviendra pas avant deux ou trois ans.
(1) Prénom d'emprunt
Centrales à l'étranger : attention
Sur Internet, la société Power Clouds tente de persuader un maximum de particuliers d'investir dans des parcs de panneaux photovoltaïques à l'étranger. Des promesses de gains assurés en échange d'une mise de départ. Pourtant, derrière une vitrine impressionante sur le web, « c'est le vide », comme l'affirme l'UFC-Que Choisir : « Pas d'adresse en France ni de numéro de téléphone, aucun compte déposé... »
« Il s'agit d'un système pyramidal », résume un bénévole de l'association de consommateurs. A l'instar des roues ou cercles d'abondance, il est conseillé de se tenir à l'écart.
Car sur le papier, tout le monde est censé s'enrichir. « Mais il faudrait que les centrales de panneaux dégagent une rentabilité phénoménale pour que le système rapporte quoi que ce soit aux particuliers. »
B. C
Source : Le Journal de Vitré, 27 juin 2014