mardi 8 juillet 2014

Fraternité Saint Pie X - Une école hors contrat va ouvrir fin septembre

Pourquoi ? Comment ?
Une nouvelle école privée va ouvrir. Qui porte le projet ?
Les intégristes de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (lire ci-dessous) vont installer leur école au coeur du bourg de Puybelliard, près de Chantonnay. L'établissement accueillera des filles et des garçons de la grande section au CM2. La capacité totale est de 80 élèves. À ce jour, « une quinzaine d'inscriptions sont enregistrées », indique l'abbé Laurent Ramé, aumônier. L'école est actuellement en travaux et ouvrira le 22 septembre.
C'est une école privée hors contrat. Qu'est-ce que cela signifie ?
Hors contrat signifie que l'école ne bénéficie pas de subventions de l'État. Côté enseignement, « nous n'avons pas à nous aligner sur les programmes officiels. C'est la liberté du choix », annonce l'abbé Ramé. Il ajoute que l'école sera contrôlée par l'État « au sujet de la sécurité et de l'hygiène. C'est normal. On doit se soumettre aux règles. »
Par ailleurs, l'établissement n'est pas reconnu par la direction diocésaine de l'enseignement. Il ne pouvait en être autrement : la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X se situe clairement en dehors de l'église catholique.
Sans subventions, comment l'école va-t-elle fonctionner ?
Par des dons, des frais de scolarité plus élevés et des activités (lotos, ventes de charité, etc.) « Nous avons des bienfaiteurs qui nous soutiennent. » Le montant des frais de scolarité s'élève à 1 400 €, « soit 140 € par mois ». Avec des tarifs dégressifs pour les familles nombreuses « et des arrangements pour celles qui sont en difficulté ».
Quelle est la pédagogie de l'école ?
À l'enseignement des matières traditionnelles (français, maths, histoire-géo, etc.), « nous aurons aussi de la musique, du bricolage et du théâtre ». S'ajouteront « des prières avant les cours et une demi-heure de catéchisme chaque matin », indique l'abbé Ramé.
L'enseignement religieux sera plus « prononcé » que dans les autres écoles privées. « Mais les parents le savent, on ne cache pas les choses. Il est évident que les parents partagent les objectifs pédagogiques de l'école, qu'ils sont d'accord », poursuit l'abbé Ramé. L'aumônier précise que l'école « est ouverte à tous, catholiques ou non ».
Transmission de la foi, pratique des sacrements... seront également au programme, « pour donner des repères, des références », explique l'abbé Ramé qui réfute « tout endoctrinement. On n'est pas une secte, les enfants appartiennent aux parents. Ce sont les parents qui donnent l'éducation. On souhaite une collaboration avec eux, des échanges avec le personnel ».
Qui sont les enseignantes ?
La directrice pédagogique sera soeur Jeanne-Elisabeth. Elle arrive d'une congrégation de religieuses de Bruxelles. Deux institutrices laïques complètent l'encadrement. L'une habite déjà en Vendée. « Elles ont un bac + 3 et une dizaine d'années d'expérience. » Elles sont formées par la Fraternité. « Nous avons des sessions pédagogiques, on se perfectionne chaque année sur la formation des institutrices. »
Ce projet est-il le même que celui du Bourg-sous-la-Roche ?

Non, l'école de La Roche « est plus en harmonie avec le diocèse. Elle pourrait jouir du soutien de l'évêque, précise l'abbé Ramé. Nous, nous ne sommes pas reconnus par le diocèse et en rupture avec le concile Vatican 2. Mais, je me félicite du projet de La Roche-sur-Yon. L'État n'a pas le monopole de l'enseignement. On aurait des soucis à se faire s'il l'avait. »
Pour l'abbé, des écoles hors contrat, « c'est la liberté, la concurrence. Les parents ont ainsi la liberté de choisir ».

Source : Ouest-France, 4 juillet 2014,
http://www.ouest-france.fr/une-ecole-hors-contrat-va-ouvrir-fin-septembre-2680671

La Fraternité sacerdotale Saint Pie X, c'est quoi ?
 
La Fraternité sacerdotale Saint Pie X a été fondée par Mgr Lefebvre en 1970. Elle s'oppose aux décisions du concile Vatican II. L'opposition porte, surtout, sur des points de doctrine : la liberté religieuse, l'oecuménisme, la notion de Tradition, les relations de l'Église et de l'État. Ces prêtres intégristes refusent « les erreurs » du Concile, notamment l'ouverture au monde, la liberté de conscience, le dialogue avec les autres religions, ou encore la « messe moderne », c'est-à-dire célébrée face aux fidèles et en français.

Ce schisme, consommé sous le pontificat de Jean-Paul II, fait que plusieurs centaines de prêtres continuent à se dire les seuls vrais représentants de la doctrine catholique, en dissidence avec Rome.

Mgr Bernard Fellay, le supérieur général depuis 1994, n'a jamais accepté aucune concession pour se rapprocher de Rome, en dépit de la main tendue du pape Benoît XVI.

Mgr Lefebvre a fondé un séminaire, en 1971, pour donner aux futurs prêtres une formation fidèle à la tradition. Ce séminaire international saint Pie X est situé à Écône, dans le canton du Valais, en Suisse. C'est actuellement une des six maisons de formation de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X. La fraternité regroupe 400 prêtres dont 110 en France.

Source : Ouest-France, 4 juillet 2014,
http://www.ouest-france.fr/la-fraternite-sacerdotale-saint-pie-x-cest-quoi-2680674