mercredi 23 juillet 2014

Méditation de Pleine conscience - S'initier, et après ?

Ils ont découvert ensemble la méditation en pleine conscience, lors d'un stage en Ardèche. Deux ans plus tard, si certains ne pratiquent plus, d'autres poursuivent, à leur façon. Retour d'expériences.
Août 2012. Le temps d'un stage, une vingtaine de citadins à bout de nerfs se retirent du monde dans de petits bungalows en bois, sous les pins de l’Ardèche méridionale. Ils découvrent la « pleine conscience », cette version laïque de la méditation bouddhiste, sous la conduite d'une enseignante formée dans le saint des saints, la clinique de Jon Kabat-Zinn aux Etats-Unis (voir l'article page 30). Pendant cinq jours, au domaine du Taillé, les novices se lèvent avec le soleil, marchent pieds nus sur l'herbe et dégustent lentement chacun des grains de leur grappe de raisin. Tous jurent de ne plus se laisser happer par les cadences infernales de la vie moderne. Puis chacun reprend sa voiture, ou bien le train, pour rejoindre la civilisation.
Eté 2014. L'Express a retrouvé plusieurs de ces participants, dont Stella (1), une Parisienne de 36 ans. « Je cours toujours autant », avoue-t-elle sans détour. Cette ingénieur spécialisée en mathématiques financières, salariée d'une grande banque, s'était inscrite au stage parce que, revenue trop vite, trop tôt, de son congé maternité, elle avait le sentiment de « passer à côté des choses »
Les contraintes d'agenda, l'impératif d'être à la hauteur, les ruminations sur des chagrins d'enfance ravivés par la naissance de sa fille... Tout se cumulait pour l'empêcher de profiter de l'instant présent. Et maintenant ? « Je n'échappe pas au stress, mais je connais des techniques pour l'évacuer, se satisfait-elle. La pleine conscience, je l'ai encore utilisée au plus fort de la dernière grève à la SNCF.»
Dans son train de banlieue pris d'assaut, elle s'est retrouvée une nouvelle fois accrochée à la barre poisseuse de la rame, pressurée par ses voisins. Alors elle s'est concentrée sur ses sensations. Elle a écouté le crissement strident des roues sur les rails avec la curiosité des premières fois. Ensuite, elle s'est focalisée sur le toucher, s'imprégnant du froid du métal sous ses doigts, puis, par contraste, de la moiteur ambiante. « J'ai oublié le côté désagréable de la situation et le temps est passé plus vite », se félicite-t-elle. 
.../ ..
Marie, autre convertie du domaine du Taillé, médite en fonction du moment et des circonstances. « Au début, je m'installais une fois par jour dans la position du lotus, à la maison, mais ça n'a duré que quelques mois, se souvient cette femme de 50 ans à l'énergie communicative. Pendant un moment, j'ai culpabilisé de ne pas pratiquer plus et, maintenant, j'y recours quand j'en ressens le besoin, un point c'est tout. » Psychologue de formation, elle dirige une structure d'information sur la santé tout juste installée dans ses nouveaux locaux parisiens. En ce mois de juin, la matinée est plus chargée encore que d'ordinaire. La directrice doit viser le rapport annuel, signer le « bon à tirer » des brochures à envoyer à l'imprimerie, avant de se précipiter à la gare pour un rendez-vous à Lyon. « J'ai un problème avec le train j'ai toujours peur de le ra- ter, confesse-t-elle. Je commence à stresser plusieurs heures avant le départ.
.../ ..
(1) Tous les prénoms ont été changés.

Source : extraits de l’article dEstelle Saget
 S'initier, et après ?, publié dans le dossier Les vrais pouvoirs de la méditation par  L’Express, le 16 juillet 2014.
Note du CIPPAD : Le domaine de Chaillé est un site connu pour son importante offre d'activités en lien avec le mouvement New Age, depuis le décodage biologique, les constellations familiales, en passant par le néo-tantrisme, le néo-chamanisme ou le reiki, et donc aussi par la méditation de Pleine conscience. Ce qui est cohérent avec les liens entretenus par M. Kabat-Zinn et le centre ésotérique New Age de portée internationale, Esalen.

À lire également: