vendredi 4 juillet 2014

Miracles !


Dans le numéro de mai 2014
 de la revue Pour la Science® Gérald Bronner, professeur de sociologie à l'Université Paris Diderot, compare les miracles survenant à Lourdes et les guérisons inexpliquées dans les milieux hospitaliers. Première constatation inquiétante pour
la religion : il devient de plus
en plus difficile de produire un miracle. Par an, il y a quatre fois moins de guérisons reconnues miraculeuses depuis les années 60. Dieu perdrait-il la main ou faut-il chercher l'explication dans les critères de plus en grave avec un pronostic fatal. Elle doit être organique ou lésionnelle, ce qui exclut les psychopathologies. Un traitement, ce qui exclut les cancers, ne doit pas avoir été à l'origine de
la guérison, laquelle doit être soudaine et durable.
Pour des patients que, dans l'état actuel de ses connaissances, la médecine avait condamnés, les établissements hospitaliers connaissent aussi le bonheur des guérisons incompréhensibles.
Deuxième constatation inquiétante pour la religion, mais normale pour les rationalistes dont je suis : le taux de ces guérisons sans intervention divine est du même ordre de grandeur que celui des miracles à Lourdes. N'est-ce pas la preuve que ces deux modes de guérison n'en font en vérité qu'un ? Au lieu d'une explication surnaturelle, ne faut-il pas simplement admettre qu'il nous reste encore beaucoup à découvrir dans le fonctionnement du corps humain et que les progrès de la science médicale éclairciront progressivement
ce que certains au nom de croyances irrationnelles s'acharnent à qualifier aujourd'hui de miracles.
En ce qui me concerne, je
ne croirai aux miracles que lorsqu'après avoir été trempé dans la piscine à Lourdes un manchot en ressortira avec son bras ou un cul de jatte avec ses jambes.
Y.M-M
 
Source : L’Anjou Laïque, Journal de la Fédération des Oeuvres Laïques du Maine et Loire, n°109, juillet – 2014, 30 juin 2014