lundi 7 juillet 2014

Vatican - Le pape et les victimes de « messes noires »

Le Saint-Père rencontre aujourd'hui six victimes
de prêtres pédophiles
On le croyait affaibli, fatigué, à bout de souffle après un an et demi de pontificat. Il aurait repris du poil de la bête. Le programme du pape François est bien rem- pli. Hier, bravant la chaleur et le soleil, il a célébré une messe, serré des mains, s'est offert plusieurs bains d e foule, a prononcé u n discours, lors de sa visite dans la petite région italienne du Molise. Ici, dans cette région du centre de la Botte, le taux de chômage est monté cette année jusqu'à 16,4 % (contre une moyenne nationale de 13,6 %). Le pape a donc axé son discours sur l'emploi, a fustigé « la plaie du chômage » et a dénoncé « la responsabilité des institutions, du monde financier et des entrepreneurs ».
« On ne joue pas avec les enfants »
Comme à son habitude, lors de ses déplacements, le souverain pontife a tenu à aller à la rencontre des plus faibles et des populations à la marge en rendant visite à des détenus de la prison d'Isernia, puis avant de monter dans son hélicoptère pour rentrer au Vatican, il a béni des malades. « Il n'a pas arrêté de la journée, un vrai marathon de plus de dix heures, il nous a surpris, après l'annulation de plusieurs obligations la semaine dernière », confie un vaticaniste.
Aujourd'hui, il devrait faire une apparition lors de la réunion de la toute nouvelle commission pour la protection des mineurs, composée de quatre femmes dont Marie Collins, victime irlandaise d'un prêtre pédophile. La présence du pape est logique puisque, demain, pour la première fois au Vatican - Benoît XVI e n avait rencontré certains, mais lors d e ses déplacements, notamment en Allemagne -, il reçoit des victimes d'abus sexuels perpétrés par des membres du clergé.
C'est dans sa résidence de Sainte-Marthe que François rencontrera six victimes, deux Allemands, deux Anglais et deux Irlandais, dont le pays est le plus touché par le scandale. Il s'entre- tiendra longuement avec eux. Un événement qu'il avait lui-même annoncé fin mai et très attendu par les associations de victimes qui s'étonnaient qu'il n'ait pas déjà eu lieu. Le pontife a comparé tout prêtre qui abuse d'un enfant à quelqu'un qui commet le pire sacrilège religieux, « une messe noire ». Il a affirmé avec force qu'« on ne joue pas avec les enfants ». À la différence de Benoît XVI et de Jean-Paul II, le pape ne fera pas de pause estivale à Castel Gandolfo mais restera à Sainte-Marthe
ADELINE FLEURY
Source : Le Journal du Dimanche, 6 juillet 2014