dimanche 31 août 2014

Emprise - Une adolescente livrée en pâture aux soirées privées échangistes

Elle était âgée de 14 ans, en 2009, lorsque son beau-père l'a violée avant de lui faire partager ses pratiques échangistes avec sa mère et un groupe libertin qu'il animait, du côté de Lannion. Quatre ans plus tard, l'homme était arrêté et incarcéré. Il est tombé amoureux de l'adolescente, elle était consentante et il regrette d'avoir succombé à ses avances, expliquait le quinquagénaire, jeudi, devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Rennes, à laquelle il demandait sa mise en liberté, après onze mois de détention provisoire.
L'appât
Une tentative d'explication un peu courte, au regard des faits qui lui sont reprochés, a estimé l'avocat général, en évoquant les éléments du dossier. Il les résume en quelques phrases : une « jeune fille livrée sur un plateau par sa mère » à l'homme qui la viole, met en ligne des photos d'elle pour en faire « l'appât d'échangistes » et « la dresse pour la donner en pâture à ceux qui fréquentent ses soirées privées ». Voilà pour le viol de mineur de 15 ans par personne ayant autorité, pour la corruption de mineur et la détention d'images de mineur à caractère pornographique. Mais l'homme est aussi poursuivi pour « abus de faiblesse d'une personne en état de sujétion résultant de pression ou technique de nature à altérer le jugement ».
Le « gourou » d'un « groupuscule malsain »
Pour l'avocat général, il s'agit là d'un « gourou, qui proposait aux femmes de son groupe une forme de thérapie » pour qu'elles « se sentent libérées, mieux dans leur peau » et aussi « pour éviter la fin du monde ». « C'était un enfermement dans un groupuscule extrêmement malsain, où il se faisait appeler "le maître" et où les femmes étaient "les soumises", poursuit l'avocat général, en comparant ces participants à « une cour soumise à tous ses caprices, y compris les punitions, comme le fouet, la cire chaude ou les brûlures de cigarette ». Pour le parquet, « Il doit rester en prison jusqu'à son procès devant la cour d'assises. Il a une telle emprise mentale que les membres de son groupe commencent à peine à sortir de leur délire, à comprendre ce qui s'est passé », explique l'avocat général. La cour a suivi son avis, en rejetant, hier, sa demande de remise en liberté.
Source : Le Télégramme, 30 août 2014