mercredi 20 août 2014

Ile de la Réunion – Le crime était presque parfait, pas le sorcier

La veuve d'un riche Réunionnais est accusée de l'avoir assassiné. Son complice, un marabouteur malgache, est aussi corbeau à ses heures.
L’épouse vénale, le sorcier et le corbeau : ce scénario n’est pas tiré d’un vieux film d'Hitchcock mais d'une affaire qui a débuté en novembre 2013 et qui vient de connaître de spectaculaires rebondissements. Fin novembre, donc, Eric Samy, un riche entrepreneur réunionnais, est retrouvé décédé à son domicile, dans le secteur de la Grande-Montée. Au moment des faits, cette mort est considérée comme naturelle.
Fin de l'histoire ? Pas vraiment, car, du côté de la famille de la victime, on n'a jamais vraiment cru à cette mort subite. Ils sont plusieurs à réclamer une autopsie, mais le corps a été inhumé, et une exhumation porterait atteinte aux convictions religieuses de l'homme et d'une partie de sa famille. L'histoire s'accélère en février dernier, quand la fille aînée du défunt reçoit un coup de fil lui assurant que « son père n'est pas mort comme ça » et que « Marlène Oulêdi [la dernière épouse d'Eric Samy] voulait en finir avec lui et l'ensemble de la famille ».
En toile de fond plane bien évidemment l'héritage important laissé par le défunt, qui aurait pu susciter la convoitise de son épouse. Après le coup de fil du corbeau, elle va porter plainte chez les gendarmes, l'enquête est relancée et une information judiciaire pour « meurtre » est ouverte au lendemain de la découverte des premiers éléments douteux. Le corps est cette fois exhumé, avec à la clé des analyses toxicologiques et une autopsie. Les experts concluent à l’empoisonnement du défunt par une substance dissimulée dans la nourriture ou dans une boisson. Suffisamment probant aux yeux de la justice pour déboucher sur la mise en examen de Marlène Oulédi « pour empoisonnement avec préméditation », mais elle n'est pas seule en cause : son ex-amant, François Chary, fameux « sorcier malgache », est arrêté pour « complicité ».
L'homme avoue rapide- ment avoir fourni la substance à Marlène, mais pas seulement : il est le corbeau à l'origine du coup de fil à l'une des filles du défunt. La suite promet d'être agitée, mais, pour l'heure, la principale accusée nie toute implication dans le meurtre.
• H.M.
Source : Marianne, 15 août 2014