vendredi 29 août 2014

Vente pyramidale - Jeunes recrutés par un réseau de vente suspect

Une firme américaine organise depuis plusieurs mois en Suisse des séances de recrutement pour distribuer ses boissons énergisantes. Ses techniques de vente seraient illégales.
De 25 à 15 000 francs par semaine. C'est le salaire que propose l'entreprise américaine Vemma sur le site adosjob.ch. La firme organise depuis plusieurs mois des séances de recrutement dans différentes villes helvétiques, dont Genève, afin de distribuer sa boisson énergisante Verve! en Suisse. Vemma vise en premier lieu les jeunes personnes telles que les étudiants.

Si l'offre à l'air alléchante au premier abord, elle apparaît comme une pratique commerciale trompeuse. En effet, les nouveaux affiliés doivent, dans un premier temps, acheter une palette de boissons avec leur propre argent et ensuite conseiller le produit à des tiers. Si ces derniers passent à leur tour commande, et deviennent par ce fait également vendeurs de la marque, les affiliés obtiennent des points. Une fois qu'ils en ont un nombre suffisant, ils «se qualifient» pour obtenir un salaire en conséquence. Les autorités américaines, autrichiennes et italiennes accusent Vemma d'avoir instauré un système de boule de neige (voir encadré) illégal en Suisse parce qu'il est considéré comme de la concurrence déloyale.
S. G.*, un Lucernois de 20 ans, a participé à deux événements organisés par la marque américaine. Selon lui, plusieurs BMW et Mercedes étaient garées devant les locaux des manifestations. Les orateurs portaient par ailleurs tous des habits de marque. S. G. affirme avoir eu l'impression de se retrouver dans une secte. De nombreux participants, moins sceptiques que lui, auraient en revanche quitté la séance totalement séduits par le concept. Près de la moitié de ses amis se seraient engagés auprès de Vemma.
Pour Josiane Walpen, de la fondation alémanique pour la protection des consommateurs, il s'agit ici d'un système illégal de boule de neige: «Nous sommes actuellement en train de vérifier si nous allons déposer une plainte pénale contre cette entreprise.» Contactée, Vemma se défend par le biais d'une agence en relations publiques: «Nous payons des provisions pour les produits qui ont été vendus et non pour les personnes recrutées.» Sur adosjob.ch, la firme prétend en effet fonctionner grâce au concept du MLM (Multi-Level Marketing). Ce système-là serait tout à fait légal, comme l’est celui de Tupperware.
Les modérateurs du site d'emploi ont décidé lundi de supprimer l'annonce postée par Vemma. Un porte-parole de l'association Adosjob rappelle que toutes les annonces ne sont pas systématiquement modérées, mais qu'un bouton «signaler» permet aux internautes d'attirer l'attention des modérateurs sur les annonces suspectes.
Source : 20 Minutes, Suisse, 25 août 2014,
http://www.20min.ch/ro/news/su/story/11248065