vendredi 12 septembre 2014

De la sophrologie et du yoga proposés dans le cadre des activités périscolaires des écoles publiques

Distribution des activités périscolaires en yoga et Sophrologie
La rentrée scolaire de septembre 2014 a été marquée par la mise en place de la réforme des rythmes scolaires dans les écoles publiques françaises du premier degré, qui vise à raccourcir les journées de travail et à augmenter le nombre de jours de classe.

Désormais, les élèves du primaire iront une demi-journée de plus à l'école, soit le mercredi matin, soit le samedi matin. La réforme introduit aussi trois heures d'ateliers périscolaires. Différentes activités y sont proposées aux enfants, comme des sorties scolaires, du théâtre, des projets autour de l’environnement, des jeux de sociétés (échecs), de la musique, etc.

Pour ces activités, des intervenants extérieurs, provenant souvent du milieu associatif, sont sollicités ou se proposent. Arrivent alors  rapidement les questions de coûts, et de qualification des encadrants. Questions sur lesquelles un certain nombre de maires, souvent de communes rurales, se sont exprimés depuis une année maintenant.

Le CIPPAD avait préalablement noté que du yoga était déjà enseigné à de jeunes enfants dans certaines écoles privées. Activité qui n’est pas forcement la plus adaptée pour favoriser les interactions et les liens entre les écoliers...

Très souvent les intervenants en yoga sont liés au mouvement pour la Recherche sur le Yoga dans l’Education ou RYE, qui loin d’être laïque prend ses racines dans des yogas ésotériques, comme le Kriya yoga et le Raja yoga, ce qui est tout de même assez troublant.

La documentation interne du RYE a d’ailleurs longtemps donné des « recommandations (qui leurs) semblent importantes pour rendre l’usage du yoga acceptable par tous les partenaires de l’éducation. ». Jusqu’à l’été 2013, où par l’entregent d’une personne proche du Ministre de l’éducation nationale, ainsi qu’elle l’explique au journal Le Monde, la mystique, créatrice du RYE, a obtenu un agrément du Ministère permettant à cette activité de pénétrer l’enseignement public, tout en lorgnant déjà sur les rythmes scolaires...

A la rentrée de septembre 2014, le CIPPAD s’est intéressé, à l’offre en yoga proposée dans le cadre des activités périscolaires des écoles publiques, ainsi qu’aux propositions de Sophrologie, méthode apparentée à l’hypnose et autohypnose, et régulièrement dénoncée par les services de l’Etat.

Pour se faire une première idée sur la question, le CIPPAD a utilisé les mots-clefs « yoga » et « Sophrologie » afin de cribler la presse francophone accessible en ligne à la rubrique Actualités de Google, durant la semaine de la rentrée scolaire. Conscients que la méthode est loin d’être parfaite, elle donne cependant de premières indications.

Il y a bien des activités de yoga et de Sophrologie proposées aux élèves dans plus de 20 écoles primaires publiques. Il s’agit essentiellement d’écoles de communes rurales de petites tailles.

Comme le montre la carte, il existe des déséquilibres géographiques très nets dans l’offre de ces techniques. En effet, ces activités sont principalement proposées dans la moitié ouest du pays, avec une implantation plus importante du yoga sur les pourtours ouest et sud du Massif Central, alors que la sophrologie est principalement cantonnée dans le nord-ouest du territoire. Biais dans la disponibilité l’information, ou reflets d’implantations historiques de ces méthodes?

Il clair que l’information recueillie est parcellaire, mais elle pose cependant la question de l’introduction de pratiques qui n’ont a priori, peu, voire rien à faire s’agissant de la Sophrologie, dans l’école publique.

La Sophrologie est clairement un enseignement à finalité ésotérique pour ses degrés les plus élevés. Il en va de même pour les racines du RYE.

Face à une situation proche, concernant des enseignements de yoga dispensés dans des écoles publiques de Californie et liés à des croyances, les parents d’élèves se sont retournés contre l’État californien et ont gagné en justice. Pour cela, ils ont argumenté du fait que l’État n’a pas à s’immiscer ni promouvoir des croyances ou religions en direction de ses citoyens ; domaines relevant de la stricte sphère privée.

Sur ce point, la loi française de 1905, dite de séparation des Églises et de l’État, est comparable à la loi californienne, et la question de l’introduction à l’école publique d’activités susceptibles d’être associées à des croyances ou dévotions pourrait donc être posée dans les mêmes termes en cas de dérives observées lors d’ateliers périscolaires.

Source : CIPPAD, 12 septembre 2014
http://www.cippad.com/2014/09/de-la-sophrologie-et-du-yoga-proposes.html