vendredi 26 septembre 2014

Ils abandonnent les pesticides pour soigner la vigne en musique

La société G. soigne les vignes en leur jouant quelques notes de musique sur la bonne fréquence. Le château Beauséjour, à Puisseguin, a adopté le dispositif.
Installées sur une jolie parcelle de six hectares, en amphithéâtre derrière l'école de Puisseguin, les vignes de Gérard D. sont aux premières loges. Le concert dure à peine quelques minutes mais se joue plusieurs fois par jour. Suffisamment pour les revigorer. Car la musique est leur thérapie. Ni classique, ni électronique, tout simplement organique. Le château Beauséjour, comme d'autres rares propriétés libournaises, s'imprègne de la mélodie inspirée des protéines. Un genre musical baptisé protéodie.
En guise d'orchestre, sur le petit hangar en briques, l'enceinte est placée en hauteur pour que toutes les vignes mélomanes profitent de leur dose quotidienne. La partition n'a pas été laissée au hasard. Elaborée par l'équipe scientifique de la G., elle est directement issue du langage des protéines. Car cette petite société s'est spécialisée dans le langage du vivant.
« Dans les années 60, un physicien, Joël S., a établi la relation entre les particules, leur équilibre, leur répartition, et les chiffres mathématiques de musique », raconte le représentant de G. pour le sud-ouest et ancien maître de chai convaincu par l'utilisation de la méthode. « Tout le vivant est régi par des protéines. Les acides aminés qui composent une protéine émettent des fréquences transposables sur une partition audible. Quand on joue les notes correspondantes dans un ordre particulier, cela stimule ou inhibe le processus de fabrication des protéines. »
L'application de ce dispositif dans les vignes permettrait donc de rétablir certains équilibres, notamment sur les parcelles touchées par l'esca. « Il s'agit d'un champignon, certains parlent d'une bactérie, qui provoque la dégénérescence d'un pied de vigne en seulement 24 heures », explique Gérard D., propriétaire de château Beauséjour. « La maladie touche tous les cépages, merlot et cabernet. Et elle est en expansion, aucun traitement n'est possible. » L'arsénite de soude qui était généralement employé contre l'esca est effectivement interdit depuis 2000. Quelle solution alors ?
Bénéficiant du label biologique depuis 1998, Gérard D. cultive depuis toujours sa passion pour son terroir. « C'est mon père qui a commencé la biodynamie en 1947. Beauséjour est vierge de pesticides ou d'herbicides alors que deux générations d'agriculture chimique ont pollué le ciel, l'eau et la terre. » Plutôt ouvert à l'expérimentation de méthodes alternatives, le vigneron s'est intéressé à G. il y a deux ans après avoir racheté la parcelle où sont installées les enceintes.
« Le procédé est novateur, je ne savais pas si ça allait marcher », confie Gérard D. « Et même s'il n'existe aucune preuve scientifique de son efficacité, aujourd'hui, le résultat, je le constate dans les vignes. » L'esca est toujours présent, mais en dormance. La mélodie a rétabli l'harmonie entre la victime et son bourreau, en favorisant la croissance des vignes tout en limitant le développement du champignon.
Malgré l'absence d'études scientifiques sur cette technologie, les relevés de G., réalisés chez une cinquantaine de vignerons de différentes appellations en 2013, montrent une baisse moyenne de mortalité due à l'esca de 62 % comparée aux précédentes années. Face aux récentes polémiques autour de l'épandage de produits phytosanitaires, ce dispositif pourrait convaincre les viticulteurs de changer de mélodie, dans les vignes, et pourquoi pas dans les chais, puisque la vinification musicale peut aussi stimuler les levures. Chaque usage a sa propre application.
Dans le Libournais où les concerts investissent habituellement les chais, les boîtes à musique commencent timidement à éclore, avec notamment les premières notes jouées ce printemps aux châteaux de Pressac (Saint-Emilion grand cru classé) et Macquin (Saint-Georges Saint-Emilion).
Qu'est ce que la protéodie ?
Joël S., diplômé en physique de l’université américaine de Princeton, a donné aux mélodies des protéines le nom de « protéodies ». Des mélodies qu’il suffit de diffuser pour stimuler ou inhiber une protéine et donc les fonctions de certains organismes vivants. Les travaux de Joël S. ont permis de décoder la bonne série de notes qui inhibe le fameux champignon esca, celui qu’aucun produit chimique ne parvient à éliminer.
Source : Sud Ouest, 13 septembre,

Note du CIPPAD : un nouveau mythe de la Biodynamie ne reposant sur aucune étude scientifique solide... L’argument d’autorité s’appuyant sur la réputation de l’université de Princeton est drôle.