mardi 30 septembre 2014

Un salon de massage tantra transformé en maison de débauche

Le tribunal correctionnel de Charleroi a condamné mardi deux ex-gérants d’un salon de massage tantra à des peines de 225 heures de travail et de 15 mois de prison ferme. La saisie de près de 160.000 euros a également été ordonnée.

Les deux gérants successifs d’un salon de massage tantrique baptisé «L’Efferve-Sens» étaient poursuivis devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour tenue d’une maison de débauche. Selon le parquet, les «soins» prodigués par des masseuses dénudées se terminaient souvent par des relations sexuelles. Les clients, attirés par des annonces explicites sur le web, y venaient d’ailleurs pour profiter de ce genre de prestations. Certains massages «à quatre mains», tarifés à 500 euros pour deux heures, étaient d’ailleurs orientés vers les zones érogènes masculines. En outre, des préservatifs étaient à disposition des filles, comme dans une maison close.

Me Donatangelo, conseil des prévenus, avait plaidé l’acquittement à l’audience, estimant que les mœurs actuelles avaient évolué et que les conclusions à caractère sexuel de certains massages n’étaient en rien obligatoires, mais décidées par les masseuses. «Tout cela s’effectuait entre adultes consentants», avait ajouté l’avocat.

Le tribunal a toutefois rejeté cet argument, relevant les indices explicites dans les tarifications du salon qui faisaient état de «finition manuelle», de «massages à quatre mains» ou de «massages plus». Les photos des masseuses présentées sur le site internet étaient quant à elles clairement pornographiques et ces jeunes femmes étaient affublées de surnoms tels que «la coquine» ou «douce et câline».

Absent à l’audience, un prévenu a écopé de 15 mois de prison ferme et fera l’objet d’une saisie de 110.000 euros. Le second est quant à lui condamné à 225 heures de travail et écope d’une saisie de 49.000 euros. Les deux ex-gérants se voient également interdits d’exploiter ou de travailler dans une société de soins corporels durant trois ans.

Source : L’Avenir, 30 septembre 2014,
http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=dmf20140930_00536441