dimanche 5 octobre 2014

Acupuncture, psychothérapie, homéopathie - Le docteur yonnais faisait «payer double»

Poursuivi pour escroquerie, un médecin yonnais comparaissait, lundi, devant le tribunal correctionnel de La Roche. Son système de double facturation aurait lésé les organismes sociaux et une vingtaine de mutuelles, à hauteur de 80 000 euros.
Les deux mains sur la barre. Le ton posé. Serein. Le médecin yonnais a d'abord expliqué. Calmement. «J'ai plusieurs cordes à mon arc». La médecine générale, oui, mais aussi l'acupuncture, la psychothérapie et l'homéopathie uniciste. «Celle qui prend son temps. Qui respecte le patient dans sa globalité. D'où des consultations proches de l'heure, plus longues que le quart d'heure en médecine générale».
«J'ai juste gagné ma vie»
Ce «temps de travail», c'est l'argument phare de l'homme de 64 ans. Ce pourquoi il facture deux consultations. Et fait faire, à ses patients, deux chèques avec deux dates différentes. «Si j'ai fait ça - je le regrette maintenant - c'était le plus souvent à la demande de certains de mes patients, insiste le docteur. C'était pour les aider. Pour ne pas qu'ils reviennent à quelques jours d'intervalle et qu'ils se fatiguent. Je n'ai pas su dire non».
Sauf qu'une patiente n'a pas voulu mettre le doigt dans ce «système». «En juillet 2011, elle a écrit au ministre de la Santé pour évoquer vos pratiques indélicates», lance la présidente. Le Yonnais évacue le sujet d'une réplique : «Il s'agit d'une personne perturbée sur le plan psychique». Et de reprendre : «Je n'ai jamais facturé d'actes fictifs, je l'affirme. J'ai juste gagné ma vie. Je n'ai pas fait de profit».
La CPAM, la MSA, le Régime des salariés indépendants et une vingtaine de mutuelles se sont porté partie civile. Et la ligne de défense du médecin agace Me Meslin, l'avocate de la CPAM : «Avec des actes comme ceux-ci, c'est toute la solidarité nationale qui est mise à mal. Tous les assurés qui sont lésés».
Dans cette même affaire, la chambre disciplinaire de l'ordre régional des médecins des Pays de la Loire a déjà infligé une suspension de six mois, dont trois avec sursis, au médecin yonnais (lire ci-contre). Lundi, le procureur a requis dix-huit mois de prison avec sursis, remboursements des dommages et interdiction d'exercer pendant deux ans. Le délibéré sera rendu le 17 novembre.
M.H.
Source : Le Journal du Pays Yonnais, La Roche-sur-Yon, 25 septembre 2014

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