lundi 6 octobre 2014

Château de Bellevue - « Nous débarrasser de ce problème »

Dole. La fondation suisse pour la conscience de Krishna n’a pas traîné. Quelques minutes seulement après l’expulsion des occupants du château de Châtenois, mardi matin (notre édition de mercredi), l’un de ses représentants était présent sur le site. Venu spécialement du Sud-Ouest, Patrick Tahon, secrétaire de la SCI qui possède le domaine, a été mandaté par le gouverneur de l’organisation pour « surveiller le site ». Un homme de 70 ans qui a accepté de dévoiler les intentions de la fondation à propos de ce château.

Première certitude, selon lui : Hare Krishna n’a nullement en projet d’installer une communauté dans cette bâtisse qui avait été pressentie, dans les années 90, pour devenir son centre européen. « Pour créer un groupe, il faut entre 50 à 70 adeptes », assure M. Tahon. « Et au-delà des 60 adeptes qui vivent sur nos deux sites de Paris et de Lucay-le-Mal, dans l’Indre, il n’y en a pas qui souhaitent rejoindre une communauté de ce type. » Les autres dévots, « très nombreux en France », préférant, selon lui, pratiquer le culte de Krishna de façon individuelle.

Dès lors, reste à savoir ce que la fondation compte faire de ce bien exceptionnel, lové à l’écart du village au milieu de 15 hectares de forêts et de prairies. Le secrétaire de la SCI est de ce point de vue catégorique : « Nous voulons nous débarrasser de ce problème. » Car la bâtisse est l’objet d’un différend judiciaire qui oppose depuis 2008 la fondation suisse pour la conscience de Krishna (FSCK) et l’autre sociétaire de la SCI propriétaire, Giovanni Proietto (voir par ailleurs). Ce dernier, qui a occupé le site pendant des années, y a investi des sommes importantes pour en faire un centre où sont dispensés des stages de développement personnel. Du côté de Hare Krishna, on ne nie pas que M. Proietto a consenti de gros investissements ; Patrick Tahon estime même que leur valeur est conforme à ce qu’indique son adversaire, soit 600 000 euros environ. « Nous allons lui laisser le temps nécessaire pour récupérer toutes ses affaires et, d’ici un mois, nous mettrons le château en vente », indique le représentant de la fondation suisse. Qui signale par ailleurs que Giovanni Proietto percevra bien, après la vente, la part du prix auquel il peut prétendre au titre de sociétaire de la SCI (soit 10 %), ainsi que le remboursement des sommes qu’il a investies sur place.

David RÉGAZZONI

Source : Est Républicain, 26 septembre 2014,
http://www.estrepublicain.fr/actualite/2014/09/26/nous-debarrasser-de-ce-probleme
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