jeudi 9 octobre 2014

Des parents jugés pour avoir refusé de faire vacciner leurs enfants

Des parents originaires de l'Yonne, en Bourgogne, comparaissent ce jeudi après-midi devant le tribunal de grande instance d'Auxerre pour maltraitance parce qu'ils n'ont pas voulu faire vacciner leurs deux enfants contre le tétanos, la poliomyélite et la diphtérie, vaccins obligatoires, selon une information de France Info. Ils encourent une peine de deux ans de prison et 30 000 euros d'amende. En France, entre 3% et 5% des enfants ne sont pas vaccinés.
Cette comparution n'est pas sans intérêt puisqu'elle a l'avantage de mettre au jour un vrai débat de société et d'actualité. En début d’audience l'avocat du couple déposera en effet une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur la libre vaccination. «Ils ne font pas dans l'anti-vaccin primaire, ils n'appartiennent à aucune structure, aucune secte. Les vaccins, d'accord, mais sans adjuvants», explique Me Emmanuel Ludot, leur avocat, qui posera une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) à l'audience. «Je vais très certainement obtenir la saisine du Conseil constitutionnel pour savoir si l'on peut imposer un vaccin», a-t-il ajouté. Interrogée ce jeudi matin sur i-Télé la ministre de la Santé Marisol Touraine a souligné de son côté que «la vaccination contre la polio, c'est obligatoire. On oublie à quoi servent les vaccins. La polio a fait une réapparition en Syrie notamment. » (voir encadré)
Samia et Marc Larère estiment ne pas être des parents irresponsables ni des illuminés appartenant à un mouvement religieux. Ils ont choisi de ne pas vacciner leurs deux enfants âgés de 15 mois et 3 ans après s'être sérieusement documentés sur la vaccination. Et selon eux, les effets délétères de la vaccination sont plus importants que les bénéfices. «Des études sérieuses prouvent que les vaccins peuvent rendre malades nos enfants à cause des adjuvants comme le mercure et l’aluminium qui sont dangereux», explique Samia Larère.
Marc et Samia sont adeptes des médecines douces et mangent bio quand ils le peuvent. Avec le temps, ils sont devenus très méfiants à l’égard de la «puissance» des laboratoires pharmaceutiques. Toutefois, en faisant ce choix, le couple s'est mis hors-la-loi et ne peut scolariser ses enfants. Leur organisation quotidienne est devenue également compliquée. Mais «je suis prêt à beaucoup de sacrifices pour ne pas jouer à la roulette russe avec mes enfants», affirme de son côté Marc, le père.
Le couple est soutenu par la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations. En France, seuls trois vaccins sont obligatoires : la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite. Des maladies devenues extrêmement rares, avancent les anti-vaccination. Oui, mais en raison d’une vaccination massive, rétorquent les autorités de santé.
Dans le milieu médical, les avis sont partagés. Il y a d'un côté ceux qui défendent âprement le système : «Actuellement, la polio réapparaît dans des pays où elle n’existait plus», constate le professeur Daniel Floret qui dirige le Conseil technique de la vaccination (organisme dépendant du Haut conseil de la santé publique). On sait très bien que si on arrêtait les vaccinations, les maladies réapparaîtraient».
Mais en septembre 2014, le Conseil technique de la vaccination a préconisé la levée de cette obligation. Car certaines épidémies, comme la coqueluche par exemple, sont aujourd’hui beaucoup plus graves et mortelles que la polio ou la diphtérie. La France est un des derniers pays d’Europe de l’Ouest à imposer certains vaccins.
Source : Le Parisien, 9 octobre 2014,
http://www.leparisien.fr/bourgogne/yonne-des-parents-juges-pour-avoir-refuse-de-vacciner-leurs-enfants-09-10-2014-4199265.php